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Burkina Faso: le gouvernement autorise l'exhumation du corps de l'ex-président Sankara

L'ex-président burkinabé Thomas Sankara, en septembre 1986.

L'ex-président burkinabé Thomas Sankara, en septembre 1986. - Dominique Faget - Alexander Joe - AFP

Vingt-sept ans après sa mort, le gouvernement burkinabè a autorisé l'exhumation du corps de l'ancien président Thomas Sankara pour procéder à des expertises afin de l'identifier formellement.

Le gouvernement du Burkina Faso a autorisé l'exhumation du corps du président Thomas Sankara, assassiné en 1987 lors d'un coup d'Etat, dans le but de l'identifier formellement, selon une décision communiquée ce jeudi à l'AFP.

La décision, prise par décret en Conseil des ministres mercredi, "permet aux ayant-droits" de Thomas Sankara "d'ouvrir la tombe supposée contenir son corps et de faire procéder à toute expertise nécessaire à l'identification". La justice sous l'ex-président Blaise Compaoré, qui succéda à Sankara, n'avait jamais accepté que de telles analyses puissent se faire.

Doutes sur l'emplacement de la dépouille

Le capitaine Thomas Sankara a été tué lors du coup d'Etat qui a porté le 15 octobre 1987 Blaise Compaoré au pouvoir. Il aurait été inhumé au cimetière de Dagnoën (quartier est de Ouagadougou), mais sa famille et ses nombreux partisans doutent que son corps s'y trouve réellement.

Après avoir échoué auprès des tribunaux burkinabè, sous le régime Compaoré, à faire effectuer des tests ADN pour trancher cette question, la famille a saisi la Cour africaine des droits de l'Homme, qui a ordonné en 2008 au gouvernement du Burkina Faso d'autoriser les expertises nécessaires. Mais le régime Compaoré ne s'est jamais résolu à le faire.

Promesse que "justice sera rendue"

Le président Michel Kafando, qui a succédé au chef de l'Etat déchu Blaise Compaoré, balayé par la rue après 27 ans de règne, avait affirmé fin décembre qu'il donnerait "des moyens" à la famille Sankara pour expertiser sa tombe. Mais Mariam Sankara, veuve de Thomas, avait nié mercredi dans un communiqué avoir été "approchée par les autorités" ou avoir abouti à un quelconque "accord" sur le sujet.

La figure de Thomas Sankara, révolutionnaire loué pour son intégrité et icône du panafricanisme, a été abondamment revendiquée durant le soulèvement populaire qui a conduit à la chute du président Compaoré. La société civile, dont le rôle a été central dans la "révolution burkinabè", appelle régulièrement à rouvrir le dossier Sankara. Le président Kafando a promis que "justice serait rendue".

A.S. avec AFP