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Algérie: une ministre suggère que les femmes mariées reversent leur salaire à l'Etat

La ministre estime que les femmes mariées sont entretenues par leur époux (photo d'illustration)

La ministre estime que les femmes mariées sont entretenues par leur époux (photo d'illustration) - Philippe Huguen AFP

Pour renflouer les caisses de l'Etat, une ministre algérienne a proposé aux femmes mariées et cadres de la Fonction publique de reverser leur salaire à leur employeur puisqu'elles sont entretenues par leur mari.

Face à la crise économique que traverse l'Algérie, les femmes devraient mettre la main à la poche. Selon Mounia Meslem, ministre de la Solidarité, de la Famille et de la Condition féminine, les femmes mariées et cadres dans les services de l'Etat pourraient se passer de leur salaire puisqu'elles sont entretenues par leur mari. Un raisonnement qui n'a pas été du goût de tous. 

"Nos maris prennent soin de nous"

La chaîne El-bilad TV demandaient aux ministres s'ils étaient prêts, compte tenu de la situation économique, à reverser leurs primes ou une partie de leur salaire à l'Etat. La ministre a alors suggéré cette idée:

"Les femmes cadres de l'Etat devraient céder tous leurs salaires parce que nous, nous sommes mariées. Ce ne sont pas nos revenus qui nous font vivre mais plutôt nos maris qui prennent soin de nous".

Depuis 2015, l'Algérie a mis en place une vaste politique d'austérité, après la baisse des prix du pétrole et du gaz. La suggestion de Mounia Meslem a choqué en Algérie.

Des "déclarations insultantes"

Une militante féministe, citée par Rue89, estime que "ces déclarations sont insultantes pour le combat des femmes en Algérie". "Si Madame la ministre veut être prise en charge c'est son problème, qu'elle laisse les Algériennes en dehors de tout ça", poursuit la militante. 

Certaines avancées ont été entreprises en matière de droits de femmes dans le pays avec des réformes qui se veulent égalitaires. Ainsi des quotas d'élues ont été établis dans les assemblées et des textes criminalisant le harcèlement de rue et les violences contre les femmes ont été mis en place.

M.L.