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Procès Pistorius: une vidéo de reconstitution de la scène du meurtre

L'ancien champion paralympique Oscar Pistorius, le 3 juillet 2014 à Pretoria lors de son procès.

L'ancien champion paralympique Oscar Pistorius, le 3 juillet 2014 à Pretoria lors de son procès. - -

Une vidéo montrant Oscar Pistorius entrain de rejouer la scène du meurtre de sa petite amie a été diffusée dimanche par la télévision australienne. Sa fuite pourrait avoir des conséquences importantes pour la suite du procès.

C'est une vidéo qui pourrait changer le cours du procès d'Oscar Pistorius, poursuivi pour le meurtre de sa petite amie. La chaîne de télévision australienne Channel 7 a diffusé dimanche une vidéo dans laquelle l'ancien champion paralympique sud-africain rejoue la scène du crime selon sa version des faits.

Depuis le début, Oscar Pistorius plaide non coupable et soutient qu'il a abattu son amie Reeva Steenkamp par accident le 14 février 2013, croyant qu'un cambrioleur s'était caché dans ses toilettes. L'accusation pense au contraire qu'il l'a tuée sciemment au cours d'une dispute.

La vidéo a été diffusée alors que les avocats d'Oscar Pistorius doivent appeler leurs derniers témoins cette semaine.

Elle a été réalisée pour la défense par la société américaine The Evidence Room, spécialisée dans les reconstitutions 3D de scènes de crimes ou d'accidents. Channel 7 n'a pas expliqué comment elle se l'est procurée.

Même s'il semble à certains moments mal assuré, on y voit Oscar Pistorius traverser une pièce en courant sur ses moignons, un pistolet imaginaire à la main, étonnamment agile.

Contradiction avec le témoignage d'un médecin du sport

Ces images contredisent le témoignage du médecin du sport Wayne Derman - un témoin de la défense dont le contre-interrogatoire doit s'achever lundi -, qui a expliqué la semaine dernière que Pistorius, double amputé, était très vulnérable et fort peu mobile sans ses prothèses.

La vidéo "nous donne un aperçu d'Oscar sur ses moignons, ce que la Cour n'a jamais vraiment pu voir. Cela nous permet une comparaison avec ce que dit (le médecin du sport) Derman", a estimé James Grant, professeur de droit à l'Université du Witwatersrand (Wits), interrogé par le journal The Star de Johannesburg.

La vidéo ne sera prise en considération par la juge Thokozile Masipa que si la défense ou l'accusation décident de l'ajouter au dossier.

Diffusion des images illégale

Ces images n'étaient pourtant pas destinées à être diffusées. L'avocat d'Oscar Pistorius, Brian Webber, a dénoncé cette fuite auprès de Channel 7, estimant que "pour la famille, la diffusion de ces images constitue une trahison éclatante de la confiance et une atteinte à la vie privée".

La vidéo a, depuis, été largement reprise sur Internet. "Toute reproduction de ce matériau obtenu illégalement sera jugé illégale", a insisté lundi la porte-parole de la famille Pistorius, Annelise Burgess.

Après une telle fuite, la juge pourrait très bien décider d'interrompre le procès, estime de son côté le professeur de droit de Wits Stephen Tuson, cité par le journal The Times. Cette diffusion s'apparente selon lui au cambriolage du bureau d'un avocat, suite auquel des pièces seraient vendues à l'accusation.

Le porte-parole du parquet, Nathi Mncube, a déclaré lundi 7 juillet qu'il n'avait "rien à voir avec cette vidéo" et qu'il n'avait "pas de commentaire à faire".

V.P. avec AFP