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Affaire ukrainienne, camps de concentration chinois, Corée du Nord... le livre explosif d'un ex-conseiller de Trump

Dans un extrait d'interview diffusé jeudi, John Bolton déclare estimer que Trump n'est "apte à la fonction" présidentielle.

Pour John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, ce dernier n'est "pas apte à la fonction" présidentielle, a-t-il affirmé dans un extrait d'interview diffusé jeudi. La semaine prochaine doit sortir son livre explosif consacré à son passage à la Maison-Blanche. "Je ne pense pas qu'il soit apte à la fonction. Je ne pense pas qu'il ait les compétences pour exercer ce poste", a déclaré John Bolton dans cet entretien à la chaîne ABC, qui doit être diffusé dans son intégralité ce week-end.

"Je n'ai vraiment pas pu identifier d'autre principe directeur que: qu'est-ce qui est bon pour la réélection de Donald Trump", a poursuivi celui qui fut conseiller à la sécurité nationale d'avril 2018 à septembre 2019. "Il était tellement concentré sur sa réélection, que les considérations de plus long terme étaient écartées."

La parution de l'ouvrage de John Bolton, intitulé The Room Where It Happened, A White House Memoir (La pièce où cela s'est passé, mémoires de la Maison Blanche) et très attendu par le tout-Washington, est prévue mardi. Mais la Maison-Blanche a engagé une action en justice en urgence pour tenter de la bloquer.

Trump dément vigoureusement

Plusieurs extraits de l'ouvrage ont déjà filtré. John Bolton y accuse notamment le président d'avoir cherché l'aide de la Chine pour gagner sa réélection en novembre, et d'avoir soutenu devant le président chinois Xi Jinping la construction de camps de concentration pour les musulmans ouïghours dans le Xinjiang. Selon le Guardian, Trump aurait déclaré à cet égard au président chinois que ces incarcérations massives étaient "exactement la chose à faire". Des affirmations que Trump a vigoureusement rejetées.

Selon le quotidien britannique, Trump aurait également trouvé "cool" l'idée d'envahir le Venezuela. Le livre prétend également que le désarmement de la Corée du Nord n'aurait que peu intéressé le milliardaire américain, contrairement à l'obtention d'un album d'Elton John pour Kim Jong-un.

John Bolton rapporte en outre dans son livre que le secrétaire d'État américain Mike Pompeo, qui affiche publiquement sa loyauté à l'égard de Trump, ne se priverait pas de critiquer le président dans son dos. Bolton écrit ainsi qu'en 2018 lors de la rencontre entre Kim et Trump à Singapour, Pompeo lui aurait fait passer une note dans laquelle il écrivait: "Il ne raconte que des conneries", selon un extrait publié par le New York Times.

"Le livre de John Bolton (...) est une compilation de mensonges et d'histoires inventées, toutes dans le but de me faire apparaître sous un mauvais jour", a tweeté le président américain jeudi matin. "Beaucoup des déclarations ridicules qu'il m'attribue n'ont jamais existé, de la pure fiction. Taré comme il l'est, il essaie juste de prendre sa revanche parce que je l'ai viré!"

L'affaire ukrainienne à nouveau évoquée

L''élu démocrate Adam Schiff, président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, qui menait l'équipe des procureurs lors du procès en destitution du président pour l'affaire ukrainienne, n'a pas manqué de réagir à la publication de ces "bonnes feuilles"

"Les allégations (de John Bolton) sont très sérieuses", a-t-il commenté.

Si ce qu'avance l'ex-conseiller est "vrai, il s'agit d'une nouvelle preuve que la pression exercée par Donald Trump sur l'Ukraine, et pour laquelle il a été mis en accusation, fait partie d'une tendance permanente à abuser de sa position et détourner les pouvoirs du gouvernement américain afin de chercher un bénéfice personnel et politique auprès de gouvernements étrangers", a ajouté l'élu dans un communiqué.

Lors de son interview à ABC, John Bolton, 71 ans, qui avait accompagné Donald Trump lors de son premier sommet historique avec le dirigeant nord-coréen, a par ailleurs affirmé que le milliardaire républicain était alors plus concentré "sur la séance photo" avec Kim Jong-un que sur les conséquences de cette rencontre en termes de diplomatie.

Clarisse Martin avec AFP