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À Valence, des aides municipales supprimées pour "les familles de délinquants"

Le maire LR de Valence, Nicolas Daragon. (Photo d'illustration)

Le maire LR de Valence, Nicolas Daragon. (Photo d'illustration) - Jeff Pachoud - AFP

Cette mesure vise à "responsabiliser les familles" de "ceux qui nuisent à leur quartier et à leur voisinage", a déclaré le maire LR de Valence, Nicolas Daragon, qui a fait voter cette décision lundi soir.

Le maire LR de Valence, Nicolas Daragon, a fait voter lundi soir en conseil municipal la suppression de certaines aides de la mairie pour "les familles de délinquants" après des violences urbaines sur la commune en octobre.

Cette mesure vise à "responsabiliser les familles" de "ceux qui nuisent à leur quartier et à leur voisinage", a déclaré à l'AFP le maire, confirmant une information de France Bleu.

"Ce n'est pas une solution magique"

Des violences urbaines causées par "une trentaine de jeunes" avaient éclaté à Valence notamment pendant les vacances de la Toussaint avec "des tirs de mortiers sur la police, les pompiers et des bus", a dénoncé l'édile. Sept personnes ont été interpellées après ces violences et ceux dont les familles vivent dans le parc social ont reçu des "mises en demeure", selon Nicolas Daragon.

Les aides municipales concernées sont notamment le chèque culture, le chèque sport ou les aides facultatives du CCAS comme l'aide alimentaire.

"Ce n'est pas une solution magique mais on se sent un peu abandonnés par l'Etat et il ne me reste que très peu de marge de manoeuvre", a estimé le maire de Valence qui s'est dit "au rendez-vous de l'accompagnement social" depuis son élection en 2014.

Une mesure critiquée

Le conseiller municipal (LFI) Jimmy Levacher a dénoncé à l'AFP une mesure "populiste", "qui flirte avec la règle".

"La délibération vise ceux qui font l'objet d'un simple rappel à l'ordre; or, on peut avoir un rappel à l'ordre pour un abandon d'ordures comme un jet de mégot ou un problème de voisinage", a relevé l'élu d'opposition, qui a dit réfléchir avec son groupe Valence en commun "à un recours sur le principe d'universalité du service public".

Selon Jimmy Levacher, il s'agit pour le maire "d'un constat d'échec". Une mesure similaire, votée en 2018 à Rillieux-la-Pape, dans la métropole de Lyon, a abouti depuis son instauration à la suspension pour un an des aides municipales pour "trois familles", tandis qu'"une trentaine" d'autres ont fait l'objet d'un accompagnement, selon le maire LR Alexandre Vincendet.

"Le but est de tendre la main et de ne pas en arriver à cette sanction, qui intervient s'il y a refus par les familles d'un accompagnement", a déclaré Alexandre Vincendet, estimant qu'"au niveau symbolique" il était "important de rappeler qu'il y a des droits et des devoirs".

En 2005, le député-maire LR de Draveil (Essonne) Georges Tron avait décidé de suspendre les aides municipales aux familles de jeunes auteurs de violences, au moment où Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, avait relancé le débat sur la suppression des allocations familiales pour les familles de jeunes délinquants.

S.B.-E. avec AFP