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Zéro Gâchis: non au gaspillage alimentaire

Zéro gâchis cherche à sensibiliser le consommateur.

Zéro gâchis cherche à sensibiliser le consommateur. - -

Le tiers de la production alimentaire n'arrive pas dans nos assiettes. Un vaste gaspillage qui coûte cher. Si l'on tient compte notamment de l'énergie utilisée par cultiver et conditionner les produits. Heureusement deux jeunes ont eu une idée très astucieuse. Rencontre avec les fondateurs de Zéro Gâchis à l'occasion du Forum Netexplo qui se déroule jusqu'au 15 février à Paris.

Être informé facilement et gratuitement des remises dans les grandes surfaces sur des produits à la limite de la date de péremption. C'est l'idée toute simple et unique au monde (il faut le souligner) de deux jeunes frères brestois. Paul-Adrien et Christophe Menez.

Quand ils en parlent, ils ont les yeux qui brillent. Sensibilisés tout petits à la problématique du gaspillage alimentaire (les fins de mois étaient parfois difficiles), il leur semblait plus que logique de faire le choix d'une création d'entreprise qui a du sens.

"On avait déjà songé à la création d'entreprise dans un autre domaine mais on ne s'y reconnaissait pas." Encore étudiants (commerce et ingénieur informatique), ils se jettent donc dans le bain et lancent leur site Zéro Gâchis. Comme un slogan simple et efficace. C'était en juin dernier.

Promos de -30% à -70%

Au total ils sont quatre jeunes très motivés. A leurs côtés, Pierre, un ami d'enfance et Nicolas, fraîchement sorti d'une école parisienne et qui a tout quitté pour venir à Brest.

Ils ont dû prendre leur bâton de pèlerin pour convaincre la grande distribution qui n'avait peut être pas toujours envie de voir la réalité en face. Ces invendus jetés en masse couverts d'eau de javel. Les images du documentaire d'Olivier Lemaire Global Gâchis reviennent en mémoire.

Trois enseignes ont suivi en quelques mois, le Leclerc historique de Landerneau, Système U et Intermarché. Tous les matins grâce au logiciel sur-mesure et sécurisé fourni par les jeunes entrepreneurs, ils réactualisent les promos de -30 % à -70 %. Le consommateur les retrouve sur le site Zéro-Gâchis et en route pour le supermarché. Aucune vente ne se fait via internet. Ils sont environ 300 en moyenne à se connecter chaque jour. Et ce n'est qu'un début.

Sensibiliser le consommateur

Le bilan pour la grande distribution est plus que positif : chez Leclerc, le nombre d'invendus jetés est déjà divisé par deux. A la clé aussi moins de rotation de camions pour charger ces produits.

Zéro gâchis n'hésite pas à sensibiliser aussi le consommateur. Il y a de belles surprises: les yaourts que l'on peut consommer plus tard que la date indiquée, une boite de céréales un peu cabossée mais dont le contenu est intact ou encore une tomate piquée mais aussi savoureuse.

Certains s'y retrouvent pour des raisons économiques mais tous les profils sont séduits. Paul-Adrien aime à dire que le "zéros gâcheur" c'est surtout "un homme ou une femme qui a envie d'agir."

Appli mobile et ambitions internationales

Comment gagnent ils leur vie ? Sur la base d'un forfait en fonction de la surface du super ou de l'hypermarché. Ils y ont mis un peu de leur argent. Les 20.000 euros du concours SFR Jeunes Talents les a aussi bien aidés. Et évidemment si des investisseurs privés sont intéressés...

Paul-Adrien et Christophe Menez bouillonnent déjà d'envie d'étendre leur réseau au-delà de la Bretagne. Le bouche-à-oreille fonctionne bien. Les réseaux sociaux aussi . Et pourquoi pas des ambitions internationales? L’Europe mais aussi les États-Unis, le Canada, la demande est là.

Prochaine étape déjà fixée : l'application mobile. Près d’un demi-milliard de produits non alimentaires invendus sont détruits chaque année en France alors que 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Zéro gâchis a donc toute raison d'être et de se développer.

Nathalie Croisé de BFM Business