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Selon une étude britannique, le réchauffement climatique est plus accentué la nuit que le jour

Manifestante écologiste en Inde.

Manifestante écologiste en Inde. - NOAH SEELAM

Les températures grimpent plus rapidement la nuit que le jour dans la plupart des régions du globe, selon une étude scientifique britannique parue mercredi dans la revue Global Change Biology et relayée ce jeudi par le Guardian.

Sous les coups de la crise climatique, le mercure se détraque plus rapidement la nuit que durant la journée. Selon les observations d'une étude conduite par Daniel T.C. Cox, de l'Université d'Exeter au Royaume-Uni, publiée mercredi dans une parution scientifique intitulée Global Change Biology et commentée ce jeudi par le Guardian, la hausse générale des températures dans le monde est plus accentuée du crépuscule au petit matin que le jour. Si cette constation souffre quelques exceptions, elle est valable pour la majorité des territoires de la planète.

0,25°C

L'équipe de Daniel T.C. Cox a comparé la hausse des températures diurnes et leur hausse nocturne pendant une période de 35 ans, entre 1982 et 2017. Il apparaît que pour plus de la moitié des terres émergées de la planète, le réchauffement est d'au moins 0,25°C plus important la nuit. Dans le détail, c'est en Europe, en Afrique de l'ouest, dans la partie occidentale de l'Amérique du sud, ainsi qu'en Asie centrale, que ce contraste est le plus prononcé. En revanche, au Mexique, dans le sud des Etats-Unis, comme au Moyen-Orient, le réchauffement est plus fort le jour.

La crise climatique bouleverse le cours normal des nuages et c'est la manière dont ceux-ci répondent à la nouvelle donne qui explique ces différences. Ainsi, si les nuages se font plus nombreux au-dessus d'une région donnée, ils entraveront les rayons du soleil mais la chaleur et l'humidité emmagasinées par la même occasion se répercuteront sur la Terre à la tombée du jour. Au contraire, si les nuages s'étiolent, ils laisseront la voie libre aux rayons du soleil, favorisant de fait des journées plus chaudes.

Certaines espèces particulièrement affectées

Dans un cas comme dans l'autre, ces variations de températures promettent une première conséquence désastreuse selon les savants ayant élaboré cette étude: la réduction de la production du nectar et du pollen, pourtant essentiels à la vie de nombreux insectes.

Plus largement, les espèces animales, dont les activités et l'alimentation obéissent souvent à la plus stricte organisation horaire, risquent d'être atteintes de plein fouet par ce réchauffement. Daniel T.C. Cox a déclaré: "Nous avons fait la démonstration qu'un plus grand réchauffement nocturne des températures est associé à un climat plus humide, et il a été montré que ce phénomène présentait des conséquences importantes en ce qui concerne la croissance des plantes et les intéractions entre les espèces, notamment les insectes et les mammifères". "Les espèces qui sont actives exclusivement la nuit ou exclusivement le jour seront particulièrement affectées", a-t-il poursuivi.

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV