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Quand les cleantechs interpellent l'Etat

Pour l'éco-entreprise, la dynamique est toujours bien présente.

Pour l'éco-entreprise, la dynamique est toujours bien présente. - -

Pour la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, "la croissance verte est aujourd'hui l'un des secteurs où le potentiel de croissance est le plus prometteur". Les cleantechs portent ces éco-innovations et ces technologies vertes en France et à l'étranger. Mais les freins à leur développement restent encore nombreux. Une délégation rencontrait d'ailleurs ce lundi matin Delphine Batho.

"Les dirigeants de cleantechs sont plutôt pessimistes sur l'ambiance économique de 2013-2015 mais cela ne les empêche pas d'être optimistes sur l'avenir de leur société car ils sont certains d'avoir les bonnes technos". Eric Morgain, le directeur du Cleantech Open France qui recherche et accompagne les meilleures jeunes entreprises éco-innovantes constate que la dynamique est toujours bien présente. Il serait donc dommage de laisser passer le coche.

Afin d'y voir plus clair, les responsables de l'organisation ont commandé une enquête auprès d'une quarantaine de start-ups représentatives, en moyenne 5 ans d'âge, en phase d'industrialisation, pas encore rentables mais sur le point de l'être.

Là où le bât blesse, c'est encore et toujours sur la question du financement. Il apparaît clairement que le profil de ces cleantechs est plus proche de celui des biotechs que des jeunes pousses de l'Internet des années 90. Les investissements dans la R&D sont lourds au départ. Il faut au moins 4 ou 5 ans avant de passer à la phase d'industrialisation. Les sources de financement actuels sont donc inadaptés à leurs problématiques. Sans parler du manque de fonds d’amorçage.

Accès aux marchés difficiles

Les cleantechs interpellent donc l’État. Pourquoi ne pas créer un label qui valorise leur qualité éco-innovante, afin de stimuler la demande de produits éco-innovants ? Cela pourrait prendre la forme d'un grand projet national.

Leur atout: les cleantechs, malgré le contexte, créent des emplois. En moyenne 18 depuis leur création. Et le mouvement ne s'arrête pas là. Les start-up interrogées prévoient plus de 15 créations de postes dans les trois prochaines années. Après avoir recruté des ingénieurs, elles partent à la recherche de commerciaux ou de responsables de communication. Elles ont en revanche besoin d'un accompagnement car ce sont des domaines qu'elles ne connaissent pas ou très peu. L'accès aux marchés restent trop complexe et les grands groupes ne sont toujours accessibles alors que ces derniers ont besoin des idées des jeunes pousses.

Autre atout: elles n'ont pas peur de s'exporter. Un tiers de celles qui ont été interrogées ont déjà signé un partenariat avec un institut de recherche à l'international. Près de 50 % sont sur le point de le faire. Les cleantechs peuvent ainsi faire leur entrée dans un écosystème local et trouver de nouvelles formes d'expansion. Car nos starts-up sont à l'origine de rupture technologique sans précédent. Malgré la complexité et le coût, elles déposent des brevets. 135 déjà pour la quarantaine d'entreprises sondées. Plus de la moitié est déjà présente à l'internationale, et les autres comptent bien se lancer rapidement.

Nathalie Croisé de BFM Business