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Pollution: DHL teste un "Colibus" électrique pour ses livraisons

DHL teste le "Colibus" sur l'une de ses tournées à Bordeaux: ce véhicule propre a deux fois plus de capacités qu'une grosse camionnette

DHL teste le "Colibus" sur l'une de ses tournées à Bordeaux: ce véhicule propre a deux fois plus de capacités qu'une grosse camionnette - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'accès au centre-ville est de plus en plus limité pour les véhicules utilitaires thermiques. C'est pourquoi le transporteur DHL mise sur le véhicule électrique pour ce que l'on appelle "le dernier kilomètre". Il vient de lancer à Bordeaux un tout nouveau véhicule: le "Colibus".

Les centres-villes seront-ils un jour débarrassés de la pollution? A travers l'Europe se sont mises en place des zones dites "à bas niveau d'émission". La France rattrape progressivement son retard.

À Paris, la charte de la ville vise à atteindre 50% des livraisons en véhicules propres d'ici 2017, tandis que d'autres municipalités se mobilisent. Les transporteurs sont donc particulièrement concernés, à l'image de DHL. Le leader du transport express de colis s'est fixé pour objectif une réduction de 30% de ses émissions de CO2 à l'horizon 2020. Cela passe par des voitures plus propres: déjà 5 véhicules électriques et bientôt 14 supplémentaires.

À Bordeaux, ainsi, DHL teste le "Colibus". Compact et silencieux, il permet de se garer en double file sans gêner la circulation, tout en offrant deux fois plus de capacité qu'une grosse camionnette: 8 m3. Affichant une autonomie de 120 km pour une vitesse maximale de 80 km/h, ce véhicule made in France est assemblé à Auch par la société Helem.

Un véhicule qui ne coûte pas plus cher

"Colibus" permet de s'adapter aux besoins des clients. Sébastien Kulak, PDG d'Helem, explique que tout part d'un châssis sur nid d'abeille qui peut supporter jusqu'à 20 tonnes de charges. Helem peut s'appuyer sur son expérience en F1, avec plus de 25 modèles à son actif, pour tendre vers plus de légèreté et d'économies d'énergie.

Avec "Colibus", DHL espère résoudre la problématique du dernier kilomètre. Luc Martinie, responsable de l'agence DHL de Bordeaux, se réjouit du premier test, estimant que le "Colibus" est "le seul capable d'effectuer une tournée complète". Il représente aussi un avantage économique car "le coût de revient au final est le même que celui d'un véhicule thermique".

Réorganisation des tournées et éco-conduite

Avec une solution plus maniable, le chauffeur peut aller plus vite. Un temps de formation est tout de même nécessaire: Il faut notamment apprendre à anticiper. En levant le pied, non seulement le chauffeur freine, mais il recharge aussi son véhicule.

Chez DHL, Thierry Lassere s'est porté volontaire pour le test et se montre enthousiaste. Si l'expérimentation est concluante, DHL pourrait généraliser l'utilisation du "Colibus" aux 15 tournées dans l'agglomération.

Le groupe développe quatre axes dans les transports. En premier lieu, l'organisation des tournées. En 2013, "la réorganisation a permis de restituer 50 véhicules sur une flotte de 850, soit un million de kilomètres gagnés et 195 tonnes de CO2 optimisés", explique Catherine Gauchet, coordinatrice qualité environnement à DHL. En dehors des véhicules électriques, le groupe renouvelle son parc en euro 6, (la norme oblige les véhicules diesel à être aussi propres que ceux qui roulent à l'essence) ou pratique l'éco-conduite. 85% des conducteurs de DHL ont ainsi été formés.

Nathalie Croisé de BFM Business