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Pollution de l’Escaut, la France accusée de négligence par la Belgique: que s’est-il passé ?

En avril, un épisode de pollution industrielle de l'Escaut a tué plus d'un millier de poissons en France et en Belgique. Le pays frontalier juge que les autorités françaises n'ont pas réagi assez vite.

En avril, l'Escaut, cours d'eau du Nord remontant jusqu'en Belgique, est devenu le théâtre d'une véritable hécatombe. Dans la nuit du 9 au 10 avril, l'un des bassins de décantation de la sucrerie Téréos d’Escaudœuvre, près de Cambrai, a cédé.

Conséquence: 100.000 mètres cubes d'eaux usées se sont déversés dans le cours d'eau, provoquant la mort de plus d'un millier de poissons. "C'est la première année qu'on voit ça, déplore au micro de BFM Lille un pêcheur. C'est très impressionnant."

Pour cause, le Syndicat mixte Escaut et Affluents craint que les conséquences de cet important épisode de pollution organique se ressentent durant un certain temps.

"L'objectif est d'atteindre le bon état, celui fixé par la directive cadre européenne sur les eaux, explique Audrey Levale, directrice du Syndicat mixte Escaut et affluents. "On commençait à avoir quelque chose d'intéressant et on se rend compte que finalement, c'est une pollution qui pourrait avoir ruiné quelques années de travail."

Entre 90% et 100% des poissons tués

Si l'Office Français de la Biodiversité estime que plus de 90% des poissons de l'Escaut sont morts en France, la pollution s'étend jusqu'à la partie belge du cours d'eau. Selon la Belgique, ce sont ainsi plus de 99% des poissons qui ont succombé à cet accident industriel sur son territoire.

Le pays frontalier dénonce aujourd'hui la négligence des autorités françaises, qui n'ont selon lui pas suffisamment pris conscience de l'ampleur de cet accident. De son côté, le préfet du Nord Michel Lalande a récemment répondu, reconnaissant que la France a sous estimé l'impact de la pollution.

Le représentant de l'État dans le Nord a cependant déclaré que l'accident s'étant produit durant le confinement, les autorités ont mis plus de temps à réagir qu'à l'ordinaire, rapporte France Bleu Nord. Selon Michel Lalande, les morts anormales de poissons n'ont par ailleurs par été repérées rapidement, les promeneurs et joggeurs ayant déserté les rives de l'Escaut durant cette période.

Une enquête administrative sur l'épisode de pollution est donc en cours, de même qu'une enquête judiciaire, qui sera chargé de déterminer les responsabilité de l'usine Téréos dans la rupture de son bassin de décantation.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions