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"PlanetSolar": le plus grand navire solaire sur les bords de Seine

512 m2 de cellules photovoltaiques pour le plus grand bateau solaire au monde: Planet Solar fait escale à Paris.

512 m2 de cellules photovoltaiques pour le plus grand bateau solaire au monde: Planet Solar fait escale à Paris. - -

En 2030, les énergies fossiles devraient encore représenter près de 80% des énergies utilisées. Mais elles sont limitées et ne répondront pas aux besoins de la population mondiale qui augmente. Des projets prouvent que les hommes sont en mesure de réduire leur dépendance énergétique. C'est le cas avec "PlanetSolar", le seul navire entièrement solaire à avoir fait le tour du globe. Il fait escale pour quelques jours à Paris.

Si vous habitez Paris et que vous allez faire un tour jusqu'à dimanche quai de Javel, votre regard sera immédiatement attiré par un Ovni. Un bateau hors du commun, aux faux airs de porte-avions, de 35 mètres de long, et 24 de large couvert d'une armada de panneaux solaires. Au total ce sont 512 m2 de cellules photovoltaïques, sans oublier les 8 tonnes et demi de batteries lithium-ion, ce qui en fait la plus grande batterie mobile civile au monde.

Tout est parti en 2004 d'un pari fou de l'éco-aventurier suisse Raphael Domjan. Sa rencontre avec l'homme d'affaires Immo Ströher va changer la donne. Ce dernier est convaincu par les énergies renouvelables. L’investisseur privé décide de mettre 10 millions d’euros sur la table. Et c'est ainsi que naît le plus grand bateau solaire au monde le MS Tûranor PlanetSolar.

Une traversée sans bruit

Le 27 septembre 2010, il débute son voyage d'est en ouest autour du monde à Monaco. Le premier tour du monde uniquement à l'aide de l'énergie solaire. Il entame un nouveau périple en 2012. A 10 kilomètres/heures de vitesse de croisière, il lui faudra 584 jours. Puis c'est la campagne de 2013: une nouvelle traversée de l'Atlantique avec un record à la clé: 22 jours contre 26 jours auparavant. Cet été, il s'est même converti en navire océanographique dans le cadre de l'expédition "Planetsolar Deepwater" sur plus de 8.000 kilomètres le long du Gulf Stream.

A la barre cette année, Gérard d'Aboville qui suit le projet depuis sa genèse. Le premier homme à avoir traversé à la rame l'océan Atlantique en solitaire a réussi à se libérer 4 mois. Lui qui a connu plus d'une aventure s'amuse encore du premier jour de l'expédition. Quand il a mis en marche le bateau, il n'a pas entendu le moindre bruit. Il en sourit encore.

Tout au long de son périple, une série de mesures physiques et biologiques ont été réalisées dans l'eau et dans l'air. Avec la Biobox, développée par le Groupe de physique appliquée de l’Université de Genève, le seul appareil permettant une analyse poussée des aérosols afin de mieux comprendre les enjeux du changement climatique.

Un bateau qui pourra transporter des passagers

PlanetSolar dispose d'un atout important: il ne pollue pas donc les relevés ne sont pas troublés par la moindre trace de fioul. Les résultats des analyses ne sont pas encore complets mais il en ressort que les quantités d'aérosols émises par l'océan est plus important qu'on ne le pensait.

PlanetSolar est aussi un formidable outil de communication et permet de mettre la question du changement climatique en avant. Mais le mécène qui a apporté son soutien a souhaité en faire un bateau qui puisse, à terme, transporter des passagers. Il respecte donc les normes et se révèle plus lourd qu'un prototype.

Le projet ne va pas en rester là. Déjà une campagne de ramassage des déchets plastiques en perspective avec l'organisation Waste Free Oceans. L'ambassadeur sur l'eau de l'énergie solaire ne fait que commencer sa tournée.

Nathalie Croisé de BFM Business