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Plan vélo à Paris: ces autres villes qui se sont mises au vélo se sont mises à la bicyclette

La ville de Paris ambitionne de devenir la capitale du vélo.

La ville de Paris ambitionne de devenir la capitale du vélo. - AFP

A l'instar de Paris, plusieurs villes françaises ont fait le choix de favoriser le développement du vélo. Strasbourg, Grenoble ou encore Bordeaux ont mis leurs habitants au vélo avec un temps d'avance sur la capitale.

Il y a des sujets qui fâchent et à Paris les pistes cyclables en font partie. Dernier projet en date à soulever les passions: la piste cyclable de la rue de Rivoli. Cette voie réservée aux vélos qui entraînera la suppression d'une voie de circulation automobile fait partie du grand plan vélo de la mairie de Paris qui veut faire de 2017 l'année du vélo. La capitale accélère les chantiers pour se hisser au rang d'autres villes françaises.

D'après les chiffres de l'Insee, 4,2% des actifs parisiens vont travailler à vélo. Loin derrière Strasbourg avec 16%, Grenoble avec 15,2% ou Bordeaux avec 11,80%. Les trois villes figurent d'ailleurs en bonne place au classement Copenhagenize des villes les plus "vélo friendly". Strasbourg arrive en effet 4 derrière Copenhague, Utrecht et Amsterdam, Bordeaux sixième quand Paris ne figure qu'à la 13e place du classement.

Le choix d'itinéraires longs et continus

Strasbourg ou Bordeaux ont entamé depuis plusieurs décennies des politiques orientées vers le développement du vélo, un processus entamé à Strasbourg depuis les années 70. La ville alsacienne possède 560 km de pistes cyclables et a fait le choix de développer des itinéraires continus avec des connexions directes depuis le centre-ville. Strasbourg insiste sur la défense d'une "vision globale de la mobilité urbaine, visant à encourager l'abandon de la voiture au coeur de la ville et dans les quartiers, au profit d'un ensemble d'autres modes de déplacement actifs".

A Grenoble, la ville a inauguré début juin le premier tronçon des 40 km d'autoroutes à vélos qui traverseront la ville d'ici 2020. Là aussi, l'idée est de proposer des itinéraires longs qui permettent de relier le centre ville à la périphérie rapidement. Bordeaux a de son côté développé un réseau de pistes et de bandes cyclables pour atteindre 160 km intra-muros, ce qui représente le tiers de l'agglomération.

Mais comme à Paris, les transformations ne se font pas sans controverse. A Grenoble, la municipalité s'est heurtée à des oppositions sur ses projets de piétonisation de certains axes qui doivent aussi bénéficier aux cyclistes. Des recours déposés par l'opposition divers droite ont finalement été rejetés.

En observant les "bons élèves", la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB) dresse la recette du succès. A chaque fois le passage au vélo "implique de la part des élus une vraie stratégie, c'est-à-dire une vision à long terme et une approche globale de l'ensemble des déplacements. Elle exige aussi de la persévérance car faire évoluer les comportements prend du temps".

Pourquoi ça coince à Paris?

C'est en effet aux habitudes des Parisiens que la mairie veut s'attaquer. En parallèle du plan vélo, Anne Hidalgo a fait part de son intention de diviser par deux la place de la voiture avec dans le même temps le développement de la piétonisation. Mais dans la capitale, sa méthode est décriée. La chef de l'opposition Florence Berthout lui reproche dans Le Figaro de prendre "des décisions sans concertation comme si Paris vivait déconnectée de la région". 

Mais la maire de Paris insiste sur la nécessité de donner l'impulsion pour inciter les Parisiens à utiliser des modes de transport alternatifs à la voiture, quitte à tenir tête au préfet de police. Ce dernier s'est récemment alarmé des conséquences de la suppression d'une voie de circulation rue de Rivoli, quant au passage des véhicules d'urgence et aux bouchons potentiels.

"Si on ne s'attaque pas à la voirie, jamais il n'y aura de baisse des bouchons et un changement des pratiques. Plus vous avez d'infrastructures routières, plus il y a de voitures. Il n'y a qu'à voir les autoroutes à Los Angeles par exemple, elles sont gigantesques et il y a quand même des bouchons", défend Simon Labourret, de l'association cycliste Paris en Selle.

La mairie de Paris entend bien poursuivre ses objectifs pour tripler les déplacements à vélo d'ici 2020 et parvenir à 1.400 km de pistes cyclables contre 700 aujourd'hui. La capitale souhaite devenir la capitale du vélo, un titre pour lequel elle devra batailler tout en persuadant les Parisiens de se convertir à la petite reine.

Carole Blanchard