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Les voitures moins lourdes sont moins polluantes

Chaîne de montage d'une usine Renault (Photo d'illustration)

Chaîne de montage d'une usine Renault (Photo d'illustration) - -

Le Mondial de l'auto de Genève ouvre ses portes au public ce jeudi. Avec cette 83e édition, l'industrie automobile voit son métier évoluer pour répondre notamment aux exigences environnementales. Priorité désormais à l'allégement des véhicules.

En une vingtaine d'années, en Europe la voiture a gagné 15 kilos par an. Elle pèse entre 1 et 1,7 tonne. Une masse qui a atteint son maximum. Une voiture plus lourde c'est évidemment davantage d'émissions de CO2. Un quart de ces émissions dans le monde sont liés aux transports. L’Europe est le plus grand producteur de véhicules. Un cap a donc été fixé: l'objectif est d'atteindre les 95 grammes d'émission par kilomètre à l'horizon 2020. Il y a évidemment la mise au point de carburants moins polluants, les systèmes électroniques embarqués qui permettent d'assouplir la conduite.

Mais depuis quelques mois, c'est la course à l'allégement qui est engagée. Tous les acteurs du secteur se mobilisent autour de projets soutenus en particulier par l'ADEME. C'est le cas de Demos porté par Michelin ou encore Compofast guidé par Arkema.

200 kg en moins

Plus fort encore, les deux grands constructeurs français PSA Peugeot Citroen et Renault se donnent la main et mobilisent toute la filière. C'est le projet Fastlite (dont nous vous avons déjà parlé dans Green Business). Tous les grands équipementiers sont mobilisés Rhodia, Faurecia, Plastic Omnium, Mecaplast, ARaymond, Altair, Cetim, Esi Group, Arkema, etc. Une centaine de personnes au total sur le pied de guerre.

Le principe est simple: la part des plastiques et des composites dans les voitures va continuer de progresser jusqu'en 2020. Ils vont même progressivement gagner du terrain sur l'acier. Ils permettent de réduire considérablement le poids. Pour PSA et Renault, 200 kg en moins en moyenne contre 50 à 70 kilos pour l'acier.

On connaît ses matières depuis une vingtaine d'années. Mais la production était loin d'être optimisée. Et le processus pouvait coûter cher. Leur assemblage est en effet très complexe.

Des solutions à grande échelle

FastLite prend en compte la totalité de la démarche: les matériaux, les procédés de mise en forme, d'assemblage, le système industriel, mais aussi tous les outils de simulation. Et il faut que ces matériaux puissent être recyclés. Tous doivent faire à appel à des fibres naturelles ou des bioplastiques. Objectif: trouver des solutions à produire à grande échelle. Et évidemment réduire les coûts des pièces en composites de grande taille.

Il y a d'autres moyens d'agir en réduisant aussi l'acier ou encore l'aluminium. Mais l'avantage des composites est double: alléger une voiture de 40 % par rapport à l'acier en étant moins cher que l'aluminium.

A terme c'est toute la conception automobile qui va s'en trouver bouleversée. Le kilogramme superflu est bien plus lourd qu'on ne peut le penser.

Nathalie Croisé de BFM Business