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Le tri n'emballe pas encore tous les Français

Afin d'accélérer le mouvement, Eco-emballages donne un coup de pouce aux collectivités. Des ambassadeurs du tri effectuent régulièrement des tournées.

Afin d'accélérer le mouvement, Eco-emballages donne un coup de pouce aux collectivités. Des ambassadeurs du tri effectuent régulièrement des tournées. - -

Chaque Français produit environ 400 kilos de déchets par an. Le tri progresse grâce aux éco-organismes tel Eco-Emballages. Mais dans les faits, il y a encore de quoi s'interroger. Des progrès restent à faire en particulier en ville.

"Non, je ne trie pas par fainéantise". Paul une trentaine d'années n'y va pas par quatre chemins. "On a un vide ordures dans le couloir, c'est tout de même plus simple que de descendre trois étages et puis les poubelles jaunes sont toujours pleines à ras bord!"

Jeanne 18 ans est pragmatique. "Je fais ce geste naturellement depuis des années. Regardez: les plastiques et les bouteilles en verre attendent sous la table qu'on les descende".

Maryse, artiste fait figure de très bon élève. Sur trois témoignages recueillis en pleine après-midi à Puteaux dans les Hauts-de-Seine seulement un est positif: il traduit bien la réalité. Les habitants des villes trient moins bien que les autres, 20 kilos par année par habitant contre 45 kilos en moyenne.

220 millions d'euros perdus

Afin d'accélérer le mouvement, Eco-emballages donne un coup de pouce aux collectivités. Des ambassadeurs du tri effectuent régulièrement des tournées. Ils sont 4.000 à travers toute la France. Un avis de passage est placardé dans le hall et des flyers en main, ces hommes et ces femmes ont pour mission de comprendre les choix des habitants puis de les amener à avoir le bon geste quand ils n y pensaient pas. Parfois le résultat est plus qu' encourageant: Éric Brac de la Perrière, directeur général d'Eco-Emballages cite l'exemple de Vénissieux dans la banlieue sud de Lyon. Trier n'était pas une évidence: le taux de refus était, il y a quelques temps, encore de 50 %.

Des jeunes du quartier ont été mobilisés et progressivement les enseignements de ces ambassadeurs ont porté leurs fruits? Au bout de quelques mois le taux de refus est descendu à 24 %. Avoir le bon geste peut être lourd de conséquence car les enjeux économiques sont importants. Ce sont 220 millions d'euros qui sont ainsi perdus chaque année parce que les déchets ne sont pas triés ou parfois jetés dans le mauvais bac. L'information commence dès l'achat. Sur 6 milliards de packaging chaque année, s'affiche désormais le fameux point vert qui incarne l’engagement de plus de 50.000 entreprises qui participent et soutiennent financièrement le dispositif. Par exemple vous achetez un pack de compote, on vous rappelle que le carton se recycle mais pas la gourde.

Savez-vous aussi que les plastiques de yaourt ne se recyclent pas encore? Ils vont donc dans la poubelle générale. Les marges de progrès sont grandes encore dans ce domaine-là.

Une poubelle remboursée en 18 mois

Sans un utilisateur averti, le tri ne se fait pas correctement mais la tâche n'est pas toujours aisée pour un homme ou une femme de bonne volonté. Dans les zones les plus denses, les poubelles ne sont pas toujours installées au pied des immeubles.

Les locaux, dans les anciens immeubles ne sont pas adaptés et aucune norme destinée à intégrer ce tri n'a encore été, à ce jour mise en place. 10.000 bacs font défaut à Paris. La tournée de collecte s'effectue une fois tous les 15 jours voire une fois par semaine mais, à certains endroits les poubelles sont vite pleines. Les collectivités doivent évidemment investir même si elles regardent de près leurs dépenses.

Une poubelle tous les 300 habitants représente une hausse non négligeable de 20 % du tri. La municipalité peut être gagnante car la poubelle est remboursée en 18 mois grâce au gain de la collecte. Et que dire de l'enthousiasme des adeptes du tri. 93 % des Francais se disent heureux de faire ce geste. Ceux qui trient à domicile ne jettent plus dans la rue. Une ville propre, un autre motif de satisfaction. Le tri ne doit donc désormais plus passer pour une contrainte.

Nathalie Croisé de BFM Business