BFMTV

L'hôtellerie: un luxe durable

Un hôtel Best Western.

Un hôtel Best Western. - -

En 2020, on comptera 1,5 milliard de touristes dans le monde. Les impacts environnementaux sont considérables. A-t-on pour autant envie de penser aux bons gestes pour la planète lorsque son seul souci est de tout oublier? Le développement durable peut être au cœur de la démarche d'un hôtel. Et même un 4 étoiles. Illustration avec Best Western.

Qu'est-ce que le vrai luxe? La question était posée dans une publicité. Elle revient souvent sur le tapis. Certains diront que c'est le temps, le bien-être. Pour Alain Condy, directeur général du Best Western Regent's Garden dans le 17ème arrondissement de Paris, c'est pouvoir séjourner dans un 4 étoiles qui respecte une démarche de développement durable. Et finalement répondre aux attentes non pas de clients mais d'hommes ou de femmes uniques.

Ses choix se sont imposés tout naturellement. Tout commence par les économies d'énergie. Plusieurs leviers peuvent être actionnés.

Des ampoules basse consommation, en particulier des Led ont été installées dans tout ce bâtiment de 1850. Des détecteurs de présence également dans les couloirs. Parfois le client fait un éco-geste sans le savoir: la climatisation se coupe quand l'un des occupants ouvre la fenêtre. Alain Condy estime à au moins 20% la baisse des factures de gaz et d’électricité par chambre occupée.

L'eau est aussi une denrée précieuse. Des économiseurs ont été placés dans chacune des 40 chambres. Au final une réduction de la consommation de 50%.

Le jardin qui fait tout le charme de l'hôtel est lui-même équipé d'un système de récupération de l'eau de pluie. Les jardiniers peuvent arroser tout l'été sans souci.

Produits bio et pots de confiture

L'hôtel Best Western Regent's Garden est éco-labellisé. Il répond ainsi à des exigences européennes: 29 critères au total. Ils ne sont pas qu'environnementaux. Les salariés sont tous sensibilisés aux éco-gestes. Ainsi les femmes de chambre sont formées: elles éteignent la lumière en sortant d'une pièce, n'utilisent aucun produit chimique, trient les déchets et évitent de tirer la chasse d'eau trop souvent. Un signe qui ne trompe pas: le turn-over est faible. Les employés restent en moyenne une bonne vingtaine d'années dans l'établissement.

Les clients ne peuvent ignorer la démarche de l'hôtel. Dès leur arrivée, ils sont informés à la réception. Des petits panneaux ont été placés dans les chambres. Les draps ne sont volontairement changés que tous les deux jours, sauf si le client demande le contraire.

Aucun détail n'est laissé au hasard: les stylos dans les chambres sont en bouteille recyclée. Et l'hôtel joue la carte des produits bio régionaux ou du commerce équitable. Les grands pots de confiture remplacent les petites doses du matin.

Les clients ne viennent pas tous dans ce 4 étoiles parce qu'il est éco-labellisé. Pour beaucoup, d'ailleurs, une telle démarche est davantage source de frustation. Il y a encore de la pédagogie à faire. Mais Alain Condy son directeur aime à rappeler que le développement durable n'est pas un ensemble de contraintes mais un plaisir. Etre plutôt qu'avoir: l'idée fera-t-elle son chemin?

Bientôt une centaine d'hôtels

En tous cas Best Western montre l'exemple en France. C'est l'enseigne qui affiche le plus grand nombre d'hôtels éco-labellisés. 50 établissements.

Il y a des exemples frappants comme le Best Western Hôtel des Francs, situé à Soissons, dans l’Aisne et certifié HQE. Il a été construit sur pilotis pour limiter son empreinte écologique. Sa consommation est 40% moins importante que celle de la réglementation en vigueur. Le chauffage de l’eau sanitaire est assuré à 60% par les panneaux solaires. 90% des produits utilisés en cuisine sont d’origine locale.

L'hôtel de la Régate de Nantes a rejoint depuis peu l'enseigne. Un label très haute qualité environnementale. Un toit végétalisé sur 900 M2 ou encore une pompe à chaleur à géothermie.

Et le rythme s'accélère, il devrait être une centaine à l'horizon 2014-2015 soit un tiers des hôtels Best Western. Le groupe multiplie d'ailleurs les actions régionales.

Nathalie Croisé de BFM Business