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Haute-Saône: une rivière polluée à cause du lait déversé par les agriculteurs

La rivière Le Durgeon à Vesoul.

La rivière Le Durgeon à Vesoul. - Remi Mathis - Wikimedia - CC

VIDÉO - Des milliers de litres de lait, déversés lors d'une nuit d’action entreprise par des agriculteurs le 22 juillet, se sont retrouvés en partie dans la rivière du Durgeon à Vesoul.

La colère des agriculteurs a entraîné un dommage collatéral dont l'environnement se serait bien passé. Dans la nuit du 22 juillet dernier, 40 tracteurs et quelques 200 agriculteurs ont déversé 15.000 litres de lait sur le parking de l'hypermarché Cora de Vesoul en réponse "aux mesurettes" proposées par le gouvernement pour faire face à la crise des prix du lait et de la viande. C'était sans s'imaginer qu'une partie du lait déversé finirait sa course dans la rivière du Durgeon. Résultat: le liquide a pollué l'eau et tué des dizaines de poissons. Un événement aggravé par la sécheresse.

Les pêcheurs vont porter plainte

"Le lait a été déversé en période d’étiage (période de l’année où le niveau d’un cours d'eau atteint son point le plus bas, Ndlr). Il s'est déposé, a fermenté et dégage depuis des bactéries. Celles-ci ont besoin d’oxygène pour manger et prennent donc celui des poissons", explique à France 3 Martial Charpentier, vice-président de la Fédération de pêche de Haute-Saône.

Le lait déversé dans Le Durgeon a entraîné la mort de nombreux poissons.
Le lait déversé dans Le Durgeon a entraîné la mort de nombreux poissons. © Capture d'écran France 3

Cette pollution, qui peut être sanctionnée par le code de l'environnement, n'est pas passée inaperçue auprès des pêcheurs qui entendent déposer plainte après les résultats de l'enquête, selon des informations obtenues par la chaîne de télévision.

Enquête ouverte à l'ONEMA

En effet, un travail d'investigation est actuellement mené par les services de l’ONEMA, l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. Les conclusions seront transmises au parquet qui décidera alors de poursuivre les éventuels responsables. "Ce qui compte c’est que l'on puisse emmener des éléments démontrant qu’effectivement il y a une réaction polluante et un impact sur le milieu liés au déversement de lait, en l’occurrence", précise à France 3 Didier Ory, chef de service et inspecteur de l'environnement ONEMA.

Et les fortes chaleurs prévues n'aideront malheureusement pas les effets toxiques du lait à se dissiper plus vite dans la rivière du Durgeon, bien au contraire.

M.G.