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Grenoble à l'avant-garde de la ville durable

Des réductions de 50 % de la consommation d'énergie ont été réalisés dans l'éco-quartier de Bonne à Grenoble

Des réductions de 50 % de la consommation d'énergie ont été réalisés dans l'éco-quartier de Bonne à Grenoble - -

Les 13 et 14 juin, ce sera la 4e édition de La Biennale de l'habitat durable à Grenoble. L'occasion de faire un bilan des expériences en matière d'éco-quartiers. En quoi consistent-ils? Est-ce la panacée?

C'est en plein coeur de l'éco-quartier de Bonne que va se dérouler la Biennale de l'habitat durable de Grenoble, les 13 ou 14 juin. Un lieu dont la ville est très fière, et pour cause.

La barre avait été placée très haut dès l'origine du projet: réduire de 50 % les consommations énergétiques. Tous les moyens ont été déployés: 1,2 m2 de capteurs solaires thermiques par logement, qui couvrent 50 % des besoins en eau chaude, 1.000 m2 de panneaux photovoltaïques sur l’espace commercial , 430 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit des bureaux à énergie positive, 9 modules de cogénération, un rafraîchissement par pompes à chaleur.

Cet équipement recouvre 900 logements, 5.000 m2 de bureaux ou encore un espace commercial d'une cinquantaine de boutiques sur 8,5 hectares. Et ce n'est pas tout. Il a fallu huit années de réflexion puis de travaux avant la livraison des premiers logements en 2008. Jusqu'à cette année et l'ouverture d'un quatre étoiles porté par le groupe Okko. A la manœuvre l'architecte Christian Devillers. C'est Loizos Savva, de l'agence Aktis, qui en a coordonné la réalisation avec fidélité.

Attention à ne pas débrider la chaudière

Le résultat est plus qu'encourageant. Les objectifs environnementaux sont remplis. Financièrement également: plus de 42 millions d'euros ont été investis et d'ores et déjà récupérés.

Tout n'est pas encore parfait. Les utilisateurs vont devoir corriger encore le tir. Certains qui trouvaient leur facture finalement peu élevée ont décidé de chauffer un peu plus... Et de débrider leur chaudière.

Construire un beau bâtiment ne suffit pas, le comportement de l'habitant est central.

La réussite de cet éco-quartier de la Bonne est d'ailleurs d'avoir réussi à imposer l'idée d'un quartier mixte comprenant un centre commercial, un hôtel, une école. Car la crainte d'une ghettoïsation est bien réelle. Et le reproche est récurrent. Pourquoi optimiser un pan de la ville sans penser à un autre? L'agglomération de Grenoble en est bien consciente. Son objectif: appliquer ce modèle à l'ensemble des secteurs en renouvellement urbain.

Des entreprises mobilisées

Pour cela, un grand plan Facteur 4 a été lancé en 2008. Le Conseil municipal de Grenoble a fixé un objectif: diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050.

Symbole de cet engagement le projet d'Eco-cité Grenoble Presqu'île. Plus de 17 millions d'euros pour cette ambition aux multiples facettes. Parmi celles-ci, un pilotage de l'éclairage public en fonction des besoins ou encore des modes de déplacement adaptés aux besoins de chacun, des véhicules en libres service ou encore des places de stationnement mutualisées.

Ce n'est pas le seul chantier: on pourrait parler aussi de la rénovation du quartier de la Villeneuve. Et toujours la même base de réflexion: "Il faut agir à la fois sur l'urbanisme et sur le social", selon Philippe de Longevialle. La démarche séduit les plus grands noms. C'est l'une des forces des initiatives lancées. Eiffage travaille déjà à travers son laboratoire de recherche et de prospective Phosphore sur l'agglomération pour définir les enjeux de la ville de demain. Et d'autres partenariats devraient se nouer prochainement.

Nathalie Croisé de BFM Business