BFMTV

Forêt de Fontainebleau: l'ONF va arrêter de ramasser les déchets

Incapable de faire face à l'augmentation de la quantité de déchets déposés dans la forêt de Fontainebleau, l'ONF a décidé la semaine dernière d'arrêter de les ramasser. L'organisme espère une aide des collectivités locales.

L'objectif est de marquer les esprits pour, peut-être, changer les mentalités. Dépassée par la quantité de déchets abandonnés dans la forêt de Fontainebleau (Seine-et-Marne), l'Office national des forêts (ONF) a décidé de frapper un grand coup et d'arrêter de les ramasser, rapportait vendredi Le Parisien.

Gravats, poubelles ou encore rebuts de chantiers, les ordures jetées par des riverains ou professionnels peu scrupuleux sont en effet devenues un véritable fléau. Les quantités ramassées par l'ONF sont passées de 200 tonnes en 2014, à 357 en 2015.

Une opération qui a un coût élevé, 200.000 euros rien que pour le massif de Fontainebleau, soit une bonne partie du million d'euros nécessaire au nettoyage de l'ensemble des forêts d'Île-de-France. Une somme dépensée "au détriment d'actions plus intéressantes pour nous et le grand public, comme l'entretien des sentiers ou de nos aires d'accueil", regrette Benjamin Beaussant, directeur départemental de l'ONF, au micro de BFMTV.

Accès compliqué aux déchetteries

Face à ces incivilités, l'organisme veut alerter les citoyens comme les collectivités locales, d'où la méthode radicale. Selon le Parisien, la collecte ne se fait plus sur les parkings, les aires d'accueil, les routes forestières et aux abords des villes. Le nettoyage des bords de routes est néanmoins toujours assuré.

La mesure a été annoncée le 14 avril dernier lors d'une réunion du comité de pilotage "Fontainebleau, forêt d'exception", présidée par le maire Les Républicains de Fontainebleau qui soutient la démarche de l'organisme.

"Je les comprends car ils sont face à une situation infernale, a confié Frédéric Valletoux au Parisien. Il y a un incivisme galopant et les accès aux déchetteries ont été compliqués."

Les conditions d'accès ainsi que les tarifs des déchetteries du département ont en effet été modifiés en septembre 2015. Pour éviter les abus, le syndicat gestionnaire des sites a instauré un nombre de passages maximum par habitant. S'il est dépassé, il faut désormais payer de 16,50 à 330 euros selon le type de véhicule. C'est à la suite de la mise en place de cette mesure que l'ONF a constaté une augmentation de la quantité de déchets à Fontainebleau.

Amendes et photo-surveillance

Plusieurs mesures ont pourtant été mises en place pour lutter contre la pollution dans la forêt. Des appareils photographiques infrarouge ont par exemple été installés dans des endroits stratégiques. Ceux-ci se déclenchent dès qu'ils détectent du mouvement, et ont permis de sanctionner plusieurs pollueurs.

Selon Le Parisien, 25 amendes ont été dressées en deux ans pour dépôt illégal de déchets dans les forêts des Trois-Pignons, Fontainebleau et de la Commanderie. Un riverain qui avait pris l'habitude de jeter sa poubelle par la fenêtre de sa voiture tous les matins a par exemple écopé de 1.500 euros d'amende et quatre mois de retrait de permis. Cinq centres de loisirs sont également poursuivis pour ne pas avoir ramassé les déchets de piques-niques.

L'ONF espère désormais des partenariats avec les acteurs locaux, collectivités, syndicats gestionnaires des déchetteries, ou encore avec la chambre des métiers dont dépendent les petites entreprises et artisans responsables de plus de la moitié des dépôts sauvages. Ils souhaitent notamment prendre exemple sur la forêt de Sénart, dans l'Essonne, où la mise en place de barrières d'accès a permis la stabilisation de la quantité de déchets.

Hélène Millard avec Aymeric Barrault et Fanny Morel