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Erik Orsenna s'engage pour Carbios et le traitement des déchets plastiques

Erik Orsenna, économiste, écrivain, membre de l'Académie française devient administrateur de Carbios.

Erik Orsenna, économiste, écrivain, membre de l'Académie française devient administrateur de Carbios. - -

La conférence environnementale aura lieu les 20 et 21 septembre prochain. Parmi les thèmes phares: l'économie circulaire: faire du déchet une ressource. Plusieurs entreprises y travaillent déjà à l'image de Carbios qui a inventé le plastique qui s'auto-détruit. La jeune société accueille en son sein une personnalité engagée, Erik Orsenna en tant qu'administrateur.

Tout est parti d'un déplacement d'Erik Orsenna chez Limagrain, groupe coopératif agricole international spécialisé dans les semences, partenaire de Carbios. Le déclic s'est produit, l'idée a fait son chemin et quand la PME lui a proposé de se lancer dans l'aventure et de devenir administrateur, Erik Orsenna a "sauté à pieds joints" pour reprendre les termes de Jean-Claude Lumaret, directeur général de Carbios qui se réjouit de l'arrivée de cet allié de taille dans sa croisade pour le recyclage des plastiques.

Philippe Pouletty, Directeur Général de Truffle Capital qui soutient financièrement Carbios "aime bien les ruptures". Il est donc très heureux qu'un philosophe soutienne le projet.

Erik Orsenna n'arrive pas en terre inconnue. Dans son ouvrage Voyage aux pays du coton : Petit précis de mondialisation, il écrit: "Les matières premières sont les cadeaux que nous fait la terre". Et d'ajouter: "Je suis ravi de rejoindre Carbios qui développe des solutions biologiques innovantes à un problème économique et environnemental grandissant: les déchets plastiques."

Mobiliser le monde politique et industriel

Il faut dire que malgré les grands débats sur l'économie circulaire, il reste du chemin à parcourir. En France, ce sont seulement 20 % des déchets plastiques qui sont recyclés. "Pour optimiser la démarche rien de tel qu'un produit qui passe déjà à sa deuxième voire sa troisième vie." Il a donc fallu beaucoup de recherche pour programmer la biodégradabilité des plastiques. Des enzymes ont été incluses pour que les plastiques s'auto-détruisent dans les 3 mois. Mission tout à fait possible.

"Erik Orsenna, économiste, écrivain et essayiste va m'aider à communiquer plus largement sur les objectifs de Carbios", explique Jean-Claude Lumaret. Et son carnet d'adresses pourrait ouvrir des portes à l'entreprise, aussi bien dans le monde politique qu'industriel même si elle est déjà bien engagée car Carbios a un potentiel de développement impressionnant. Ce sont plus de 280 millions de tonnes de plastiques qui sont produites chaque année dans le monde. Le premier marché-cible est l'emballage. Aujourd'hui, la biodégradabilité concerne environ 10 % des volumes d’emballages plastiques.

60 chercheurs sur le pied de guerre

Carbios n'avance pas seule. L'entreprise a fédéré du monde autour d'elle, beaucoup d'acteurs pour le projet Thanaplast. Parmi eux, le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l'INRA, l'Université de Poitiers, TWB, Deinove, Limagrain, déjà cité et le Groupe Barbier.

A la clé un laboratoire coopératif d'une soixantaine de chercheurs. Ce projet est doté d’un budget de 22 millions d'euros sur 5 ans et soutenu par OSEO à hauteur plus de 9 millions d'euros. L'objectif est de créer à partir des matériaux plastiques en fin de vie, en développant des technologies innovantes capables de produire, transformer et recycler un très grand nombre de plastiques. "Nous sommes en phase avec ce que nous avions prévu".

Jean-Claude Lumaret voit toujours plus loin: "Si l’on repense le cycle de vie des polymères, on peut penser que le déchet plastique deviendra demain une nouvelle matière première pour recréer de la valeur".

Nathalie Croisé (BFM Business)