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Auvergne-Rhône-Alpes: la qualité de l'air s'améliore, mais des habitants encore "trop exposés" à la pollution

Depuis 2007, les concentrations de particules fines ont particulièrement baissé dans la région. A l'inverse, celles d'ozone ont progressé.

Bien mais pourrait encore mieux faire. Voilà l'appréciation qui pourrait accompagner le bilan de l'évolution de la qualité de l'air dans le Rhône et la région Auvergne-Rhône-Alpes au cours de ces dernières années. Si les concentrations de particules fines et de dioxyde d'azote sont en baisse, celles d'ozone ont considérablement augmenté.

Evolution des principaux polluants depuis 2007.
Evolution des principaux polluants depuis 2007. © Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Depuis 2007, les taux de particules fines PM10 ont enregistré une diminution de 46%, selon le bilan présenté par l'organisme Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Les concentrations de NO2 (dioxyde d'azote) ont également baissé de 31%, tandis que celles d'ozones (O3) progressaient de près de 20%. 

Il s'agit "d'une baisse notable qui marque les efforts entrepris aux échelles nationale, régionale et locale", salue Didier Chapuis, directeur des opérations à Atmo, qui met en garde: "On ne voudrait pas donner un mauvais message: la situation s'améliore mais il y a encore des efforts qui doivent être faits".

Des concentrations de particules fines encore élevées

Dans son bilan, l'organisme affirme notamment que "la qualité de l’air de notre région reste fragile et certains habitants sont encore trop exposés à la pollution". En 2019, 4.337.900 habitants de la région ont été soumis à une pollution à l'ozone, et 21.000 au dioxyde d'azode, principalement le long des grands axes routiers. 

Par ailleurs, si les concentrations des poussières en suspension dans l’atmosphère respectent les exigences réglementaires sur tout le territoire de la région, elles sont encore loin de celles préconisées par l'Organisation mondiale de la santé, deux fois inférieure au seuil réglementaire. 

L'année dernière, 1.380.300 habitants de la région sont ainsi restés exposés à des niveaux de PM2,5 représentant un danger pour la santé. "Ces particules, plus petites que les PM10, pénètrent dans les alvéoles pulmonaires et sont responsables de nombreuses pathologies cardio-vasculaires et pulmonaires à long terme", rappelle Atmo Auvergne-Rhône-Alpes.

Et dans la Métropole de Lyon?

Département le plus peuplé de la région, le Rhône est l'un des plus concernés par la pollution de l'air. Concernant les particules fines PM 2.5, malgré une tendance à la baisse, 900.700 habitants ont été exposés à des seuils supérieurs à à ceux préconisés par l'OMS, dont 897.800 dans la Métropole de Lyon, soit 65% de la population. 

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Capture d’écran 2020-06-09 à 10.36.49.png © -

"Les habitants proches des voiries importantes sont aussi exposés à des dépassements de la valeur limite en dioxyde d’azote", note aussi Atmo avec 15.500 habitants exposés dans le Rhône, dont 15.200 rien que dans la Métropole. Et en ce qui concerne l'ozone, un tiers de la population a été touchée par un dépassement de la valeur cible pour la santé en 2019.

Benjamin Rieth