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Mort du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber

Jean-Louis Servan-Schreiber en 2011.

Jean-Louis Servan-Schreiber en 2011. - Miguel Medina - AFP

Jean-Louis Servan-Schreiber, journaliste, auteur et patron de presse est mort à 83 ans des suites du Covid.

Le journaliste et patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber, qui avait notamment fondé L'Expansion, est s'est éteint samedi à l'âge de 83 ans, a annoncé dimanche Psychologies magazine, une de ses plus célèbres publications.

Il est mort des suites du Covid-19, a affirmé sa famille à l'AFP, confirmant une information du Journal du Dimanche.

Né dans une célèbre famille de presse qui comprend notamment son frère Jean-Jacques, fondateur de L'Express, Jean-Louis Servan-Schreiber était un "journaliste et essayiste à la curiosité insatiable", a indiqué Psychologies magazine sur son site.

Il avait dirigé le mensuel axé sur le bien-être et le développement personnel pendant 10 ans, le transformant en publication à succès, déclinée à l'étranger.

"Un homme de presse exceptionnel"

Sur Twitter, le président du Festival de Cannes et journaliste Pierre Lescure a salué un "grand homme de presse" qui a "travaillé sans cesse sur la nature humaine et sa richesse", tandis que le patron de presse Alain Weill a rendu hommage à un "homme de presse exceptionnel". "Ses conseils nous ont été précieux pour la relance de l'Express", a-t-il ajouté.

Dans cette dynastie aux racines prussienne et juive, à côté d'Emile, Robert, Jean-Claude, Marie-Claire, Brigitte (Gros), Christiane (Collange) et bien sûr Jean-Jacques, fondateur de L'Express et esprit brillant, le benjamin est lui aussi parvenu à se faire un prénom.

Né le 31 octobre 1937 à Boulogne-Billancourt, Jean-Louis rêve, adolescent, de devenir psychanalyste.

Mais, dans ce clan, la presse est une affaire de famille. Aussi, à sa sortie de Sciences-Po en 1960, il intègre tout naturellement, comme journaliste, le quotidien économique Les Echos, cofondé par son père, avant de rejoindre L'Express de son frère.

Fasciné par les Etats-Unis où il séjourne régulièrement -il enseignera même à l'université de Stanford-, Jean-Louis en importe une certaine vision du management et de la presse. Les deux frères transforment l'hebdomadaire en premier "newsmagazine" de France.

L'héritier décide vite de voler de ses propres ailes en créant son entreprise de presse, en 1967. Ce sera, au côté de Jean Boissonnat, L'Expansion, qui devient un groupe puissant et incontournable de la presse économique (L'Entreprise, La Vie financière, La Lettre de l'Expansion, La Tribune...).

"Architecte en journal"

Dans les années 1970, le jeune loup à la raie impeccable et à l'allure de premier de la classe se fait aussi connaître du grand public en intervieweur du Questionnaire, émission mensuelle sur TF1.

Il interroge notamment le président Valéry Giscard d'Estaing. On le retrouve aussi à la même époque chroniqueur sur France Inter et Europe 1.

"Je fais du surf sur les évolutions sociales. Quand un phénomène émerge, je crée un journal", explique en 1979 Jean-Louis Servan-Schreiber, qui se voit comme "architecte en journal".

Après le succès de son groupe économique, il reprend en 1997 "Psychologies", dont il fait, avec sa seconde épouse Perla, un grand succès.

"J'explique à des femmes comment être bien"

"Pendant 30 ans, j'ai expliqué à des hommes comment réussir. Aujourd'hui, j'explique à des femmes comment être bien. C'est plus agréable", déclare-t-il à Libération.

La diffusion passe vite de 75.000 à 350.000 exemplaires et, en dix ans, le titre devient, derrière Marie-Claire, le deuxième mensuel féminin haut de gamme français en diffusion et en recettes de publicité. Il le vendra ensuite au groupe Lagardère.

Ce touche-à-tout amateur de yoga et qui "s'organise par hédonisme" est également un essayiste prolifique. Avec à son actif 17 ouvrages (Le Pouvoir d'informer, L'Art du temps, Le Retour du courage...), dont plusieurs best-sellers.

Chez les Servan-Schreiber, les initiales sont une tradition. A côté de JJSS (disparu en 2006), le cadet JLSS aura lui aussi réussi à imposer les siennes.

M. R. avec AFP