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Les "Fantômes du Trianon" ou l'étrange voyage dans le temps de deux touristes à Versailles

Le fantôme de Marie-Antoinette arpenterait les allées du parc du château de Versailles

Le fantôme de Marie-Antoinette arpenterait les allées du parc du château de Versailles - Flickr.com / CC / Panoramas

Tout l'été, BFM Paris vous fait redécouvrir les mythes et légendes urbaines autour de la capitale. Cette semaine, l'étonnante affaire du spectre de Marie-Antoinette qui hanterait certaines allées du parc...

Un voyage dans le temps. Voici ce qu'auraient vécu deux touristes britanniques, à l'été 1901, dans les allées du parc du château de Versailles.

Une énième histoire de fantômes issue d'esprits plus ou moins farceurs? Pas tout à fait: les deux femmes n'avaient rien de deux illuminées. Charlotte Anne Moberly, 55 ans, était directrice d'un collège féminin de l’Université d'Oxford, et Eleanor Frances Jourdain, 38 ans, enseignante. Ce qu'elles vont vivre, véritable passage temporel vers la cour de Louis XVI et de Marie-Antoinette, fera l'objet d'un livre, An Adventure, sorti en 1911.

Une impression quasi-surnaturelle

Nous sommes le 10 août 1901. Charlotte Anne Moberly a rejoint son amie Eleanor Frances Jourdain, à Paris, où cette dernière vit, pour une visite touristique du château de Versailles et de son parc. Il fait chaud, le temps est lourd.

Après avoir parcouru la Galerie des glaces et les différentes salles du palais de Louis XIV, les deux femmes se dirigent vers le petit Trianon. Elles s'égarent et s'aventurent dans le parc. Le temps se couvre et le ciel leur donne alors une impression quasi-surnaturelle. Un orage, diront certains. Un "univers dont une porte s’est ouverte par erreur" écrira Jean Cocteau dans la préface de l'édition française de ce récit, en 1959, désormais intitulé Les fantômes du Trianon.

Perdue dans le parc, les deux touristes s'étonnent de la tenue de jardiniers vus au bord du chemin: malgré l'été, ils portent un long manteau et un tricorne. Puis, elles aperçoivent une jeune fille et sans doute sa maman en costumes d'époques.

S'aventurant de plus en plus dans le parc, leur visite prend un aspect beaucoup moins bucolique: Charlotte et Eleanor croisent le regard menaçant d'un homme, lui aussi en vêtements d'époque, mais dont le visage est vérolé. Un homme en cape, qualifié de grand, beau, aux cheveux bouclés sous un chapeau leur indique alors la direction: il faut aller vers cette maison dont les volets sont fermés en pleine journée, située au bout du chemin. Sur la pelouse, une femme, qui dessinait paisiblement en robe et en chapeau blanc, relève la tête. Les deux femmes se sentent prises d'un malaise. Rapidement, un homme intervient, et leur indique la voie pour retrouver leur chemin. 

Le fantôme de Marie-Antoinette

Quelques heures plus tard, elles évoquent leur étrange visite et font par de leurs sensations si étranges. Et pourtant, non, il n'y avait pas de reconstitution historique ce jour-là. Mais la rumeur court depuis des siècles: le fantôme de Marie-Antoinette se promène dans les allées arborées versaillaises. Après des recherches angoissées et des visites plus tranquilles cette fois, ce rêve si étrange prend forme: elles ont vécu un voyage dans le temps, un véritable rêve éveillé. L'un des chemins n'existent plus depuis des années, l'une des portes est condamnée depuis des lustres, l'homme au visage vérolé ressemble au comte de Vaudreuil, courtisan et la femme, assise dans l'herbe, ressemble trait pour trait à un tableau de Adolf Ulrik Wertmüller dont le sujet n'était autre que Marie-Antoinette. 

Lors de la publication de leur aventure, en 1911, Charlotte et Eleanor reçoivent un accueil très mitigé: une partie de la presse ne leur accorde aucun crédit, l'autre, plus populaire, décortique l'affaire et attise, ainsi, la curiosité de nombreux touristes, qui, aujourd'hui encore sont à la recherche de la mystérieuse allée qui mène vers Marie-Antoinette.

Xavier Allain