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Laurent Cantet et les élèves de ZEP décrochent la Palme d’Or

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Décryptage du succès du film de Laurent Cantet, qui a su toucher le jury du Festival de Cannes pour obtenir la Palme d’Or.

La nuit a du être courte pour les jeunes acteurs du film « Entre les murs » qui, hier soir sur la Croisette, a redonné au cinéma français sa première Palme d'or à Cannes depuis 21 ans.

Le film du réalisateur Laurent Cantet plonge les spectateurs dans le quotidien d'une classe du collège parisien Françoise Dolto dans le XXème arrondissement, classé en ZEP. Mi-documentaire, mi-fiction, ce sont donc les jeunes élèves qui sont les acteurs du film primé par le jury présidé par Sean Penn.

Pierre Vavasseur, Journaliste cinéma au Parisien/Aujourd'hui en France, fait partie des journalistes qui ont vu le film à Cannes. Interrogé ce matin dans Bourdin&Co, il a livré son verdict sur le film de Laurent Cantet : « C'est un très bon film, pour plusieurs raisons. La première c'est que c'est une innovation, une innovation qui vaut formidablement le coup car elle pleine d'énergie, pleine de naturel, de vivacité, d'amour de la langue française. Ca m'a parfois fait penser à cette révélation qu'avait été « L'Esquive ». C'est une innovation parce que ce n'est pas du tout un documentaire, c'est tout le contraire d'un documentaire. C'est tiré du livre de François Bégaudeau, qui était à l'époque professeur de français en activité et racontait son expérience ».

« Sur cette base, Laurent Cantet a fait une extension du livre avec des ateliers pendant 5 mois et, pendant 5 semaines, ils ont tourné sur le vif, à fleur de peau. C'est ça qui est formidable, ça donne un film qui va parler à tout le monde. On est dans le social, mais on est surtout dans la vie. C'est l'histoire d'un prof qui, dans un collège dit difficile, rencontre sa classe de 4ème. C'est une partie de ping-pong, une entre le professeur et les élèves. C'est tout sauf un film intello, c'est un film sur l'amour du langage, où l'on rit beaucoup ».

En effet, Sean Penn, président du jury, a expliqué que le jury avait été « unanime » sur la Palme d'or, qui récompense « un film vraiment, vraiment étonnant ».

« On est tous sous le choc »

Du côté des jeunes acteurs, il s'agissait d'une première expérience cinématographique. Bourak Ozyilmaz, 16 ans, en fait partie et revient sur ce qu'il a ressentit lors de la remise de la Palme d'Or : « C'est vraiment génial, il faut le vivre pour comprendre. Je n'ai pas de mots, c'est inouï, invraisemblable, on est vraiment tous sous le choc et on ne sait vraiment plus quoi faire, si on doit pleurer de joie, mourir de rire. C'est une expérience qui se termine en beauté ». Il est également revenu sur sa relation avec Laurent Cantet, le réalisateur du film : « Il est très agréable, très motivé, il nous a fait découvrir le monde du cinéma. Il nous a parlé du film, de la réalisation et par la suite il y a eu un petit casting. Il nous laisse beaucoup de liberté mais il sait nous cadrer comme il faut. C'est une personne incroyable, qui a une manière de fonctionner très honnête ».

Farah Paradizot est la maman de la jeune Eva, 16 ans, qui vivait aussi sa première expérience au cinéma. Ce matin dans Bourdin&Co, elle est revenue sur le tournage du film : « L'an dernier, Eva était en 3ème, et il y a eu tout les mercredi après-midis un atelier cinéma dans le collège. Durant cet atelier, les enfants faisaient des improvisations, on les enregistrait, ils se voyaient, et au fil des jours, ils ont commencé à décréter que tel et tel élèves participeraient au film. Ensuite, durant les vacances, dans les conditions du réel, le film a été tourné. Le tournage a duré presque 6 semaines, puis ils ont repris le cours de leur vie normale. Ils étaient loin d'imaginer que l'aventure aurait cet aboutissement ».

La rédaction et Thomas Chupin-Bourdin & Co