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La BD de la semaine: Andreas et Isabelle Cochet commentent Capricorne 20

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- - Copyright Andreas - Le Lombard 2017

LA BD DE LA SEMAINE - Le dessinateur achève une de ses séries phares. Rencontré lors du dernier Festival d’Angoulême en compagnie de sa coloriste, il a accepté de commenter pour BFMTV.com quelques planches.

C’est un personnage énigmatique, chargé de protéger New York contre des phénomènes paranormaux dangereux, une espèce de Doctor Strange franco-belge. Imaginé par l’auteur de bande dessinée Andreas en 1990, il a connu de beaux jours au Lombard, qui édite ses aventures. Débutées dans une série intitulée Rork, celles-ci se sont poursuivies dans une série dérivée, Capricorne, qui est arrivée à son terme fin janvier avec la parution d’un vingtième tome, Maître.

BFMTV.com a rencontré fin janvier, lors du Festival de la Bande Dessinée d’Angoulême, Andreas et sa coloriste Isabelle Cochet (collaboratrice notamment de Fred et de Bretécher) pour évoquer avec eux la série, devenue au fil des années la préférée de son auteur: "Je voulais réaliser une série d’aventures. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle devienne aussi complexe, ni à ce que je m’implique autant dedans", raconte Andreas, avant de nous prévenir, dans un éclat de voix: "C’est très difficile de lire les albums individuellement. Si vous achetez le 20ème tome sans avoir lu les autres, vous n’allez rien comprendre! Il est censé résoudre toute l’aventure."

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- © Copyright Andreas - Le Lombard 2017

Voyage dans le temps

Andreas: "C'est une planche particulière. A part la première et la dernière case, elle se compose intégralement d’images qui apparaissent plus tard dans l’album. Le personnage traverse une dimension alternative. Il voyage dans le temps et ces images lui apparaissent, en quelque sorte. Elles sont au centre du mystère central. C’est une planche qui recentre l’attention du lecteur sur ce vaisseau spatial. C’est le genre de planche que je dessine souvent. Je n’aurais pas pu faire cette page en bande classique - ça n’aurait pas donné cette même impression de traverser des moments différents. Ce n’est pas une suite logique d’images. C’est encore chaotique pour le personnage, comme pour le lecteur. Il comprendra lorsqu’il relira l’histoire!" Isabelle Cochet: "Les couleurs de l’album ont été réalisées à la main, à l’exception d’une page. C’est de l’aquarelle. A part quelques indications, comme pour le rouge du vaisseau, je suis très libre. J’ai choisi le jaune parce que cette scène était présente déjà dans un autre album. Et ça me semblait contraster avec le reste de la page qui est déjà en bleu-gris." Andreas: "Je donne quelques indications très rares: si c’est le jour ou la nuit, si j’ai prévu que quelque chose soit d’une couleur particulière. Sinon Isabelle fait ce qu’elle veut. Elle participe à la narration."

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Bagarre

Andreas: "C’est une scène de bagarre. Les personnages positifs vont dénicher le méchant dans son repère. Il s’enfuit par une machine puis disparaît. C’est une mise en page plus classique que la planche précédente, avec des bandes. Autant rester le plus simple possible dans la mise en page pour que le lecteur puisse lire le déroulement de l’action. Dans l’autre planche, c’était des flashes. Ici, comme les images à l’intérieur sont déjà compliquées, il vaut mieux rester assez ordonné pour que le lecteur ne se perde pas complètement. Les bordures sont ici noires et pas blanches. Si elles sont noires, c’est parce que les cases sont intégrées dans la première image. La première image est une grande image qui est noire en bas." Isabelle Cochet: "C'est le noir du dessinateur. Je ne m'occupe pas des noirs, juste la couleur. Mon intervention sur une planche comme celle-là est assez rapide. Ce n’est pas une planche où j’ai un travail énorme à accomplir. Il faut rester simple. Je dois rester dans des tons sombres. Si on ajoute beaucoup de couleur, ça devient vite illisible. Je dois donc aller droit au but. La couleur est au service de l’histoire."

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Monstre

Andreas: "Ce n’est pas l’Homme-Sable de Spider-Man! Ce monstre se compose de deux personnages qui plongent dans une matière bouillonnante, ainsi que d’un troisième qui est l’espèce de machin blanc que l’on voit dans l’image. Celui-ci va s’immiscer dans ce monstre. C’est ainsi qu’il émerge. Ce monstre, c'est l’aboutissement dans la série de plusieurs personnages et de plusieurs bouts d’histoire qui se rejoignent. Il y a très certainement une influence Marvel, notamment dans son attitude. Il y a aussi sûrement une influence très japonaise. J’ai obtenu les effets avec un bout de mouchoir trempé dans de l’encre de chine et tamponné sur le papier. Une fois que c’est terminé, je reviens avec un peu de gouache blanche, là où j’ai un peu dépassé."

Capricorne tome 20, Maître, Andreas (scénario, dessin) et Isabelle Cochet (couleurs), Le Lombard, collection “Troisième Vague”, 48 pages, 12 euros.
Jérôme Lachasse