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De Caunes : « Lederman pense que Coluche lui appartient »

Le réalisateur du film sur la candidature de Coluche en 1981 a tenu à préciser le contexte de son conflit avec Paul Lederman, ancien agent du comique.

Le réalisateur du film sur la candidature de Coluche en 1981 a tenu à préciser le contexte de son conflit avec Paul Lederman, ancien agent du comique. - -

Antoine de Caunes a réagi à la procédure judiciaire lancée par Paul Lederman, deux jours avant la sortie de son film « Coluche, l’histoire d’un mec ».

Antoine de Caunes, réalisateur de Coluche, l'histoire d'un mec, théoriquement en salle ce mercredi, était l'invité des GG lundi 13 octobre. A cette occasion, il a réagi à la procédure judiciaire lancée par Paul Lederman, l'ancien éditeur et agent de Coluche, qui demande la suppression dans le titre du film de la référence à « L'histoire d'un mec » : « Même s'il gagne, le film sortira quoi qu'il arrive, car on parle d'un problème de droits sur un sous-titre de film. Au pire, on gommera le sous-titre. Les affiches disparaissent de toute façon mercredi puisque le film sort, et sur le générique il faut rectifier la première bobine.»

Histoire d'un mec : un livre, oui, mais un film, non ?
Mais le réalisateur, s'il reconnaît ne pas être étonné par la démarche de Lederman, s'avoue toutefois un peu surpris : la production a acheté les droits de la biographie éponyme : « On savait qu'il [Paul Lerderman, ndlr] nous ferait chier à un moment ou à un autre parce que c'est quelqu'un de très procédurier qui considère que Coluche (et la mémoire de Coluche) lui appartiennent, à lui seul, et que donc personne d'autre n'a le droit d'en parler. Mais en même temps on a été assez surpris : comme les producteurs ont acheté les droits de la biographie de Philippe Boggio qui s'appelle « Coluche, l'histoire d'un mec » et que le film est librement adapté d'un passage de cette biographie, on a trouvé ça cohérent de faire porter au film le même titre que le livre, qui lui n'avait pas été attaqué ». Et Antoine de Caunes de défendre son film sur Coluche, qui selon lui n'appartient à personne et surtout pas à Lederman. : « Il [Paul Lederman, ndlr] veut que ça passe par lui. Or, moi j'ai le point de vue exactement inverse : je pense que Coluche nous appartient à tous. Coluche est un bien national, il appartient à l'imaginaire collectif français, on a le droit de parler de Coluche sans avoir l'imprimatur de Paul Lederman. Lederman dit : "C'est pour s'enrichir sur le dos de Coluche." Quand on a monté ce film, tout le monde nous disait "Attention, c'est super casse-gueule d'aller toucher à Coluche." On sait que c'est un projet plus risqué qu'une fiction traditionnelle. »

Véronique Colucci entre neutralité et réserve
Mais Antoine de Caunes n'a pas cherché la polémique et l'affrontement à tout prix. Pour preuve il a également évoqué la réaction de Véronique Colucci, la veuve de Coluche, à la sortie de ce film : « On s'est entendu avec Véronique, elle m'a dit qu'elle garderait une position neutre pendant et après la sortie du film. C'est la première personne que j'ai contactée quand j'ai décidé de travailler sur ce sujet et sur cette période particulière de la vie de Coluche. Je lui ai fait lire le scénario, elle m'a même soufflé une scène d'intimité entre eux qui est dans le film. En même temps, je raconte quelque chose qui est extrêmement douloureux pour elle, qui est le passage le plus noir de son histoire avec Coluche, qui est le moment de la séparation et des conséquences que ça a pu avoir. Je ne peux pas lui demander d'être impartiale ou de regarder ça objectivement comme un film de cinéma traditionnel. J'ai fait ce film avec beaucoup de respect, j'ai fait très attention, sur un terrain aussi mouvant, de ne pas aller vers le voyeurisme et le sensationnalisme, de ne pas toucher à leur relation. Je comprends la réserve qu'elle peut avoir, et si j'étais à sa place j'aurais un mal fou à voir ce film. »

La rédaction-Les Grandes Gueules