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À Lille, le ministre de la Culture obtient un délai de grâce pour sauver une chapelle menacée

La chapelle Saint-Joseph de Lille est menacée de destruction.

La chapelle Saint-Joseph de Lille est menacée de destruction. - Capture d'écran Twitter / Secrets d'Histoire

Cette destruction s'inscrit dans le cadre du projet de nouveau campus mené par l'université catholique de Lille. Le délai de grâce doit permettre de rechercher une alternative à sa destruction.

Le ministre de la Culture Franck Riester a obtenu un sursis pour la chapelle Saint-Joseph à Lille, un bâtiment qui devait être bientôt démoli. Ce délai de grâce doit permettre de rechercher une alternative à sa destruction, a indiqué ce vendredi un communiqué de son ministère.

"La perspective d'une prochaine démolition de la chapelle, dans le cadre du projet de nouveau campus conduit par Yncrea, membre de la fédération universitaire pluridisciplinaire de Lille (la FUPL, dite "la catho"), suscite depuis plusieurs semaines une très vive émotion et de nombreux débats", a constaté le ministre.

Franck Riester a "acquis la conviction que ce dossier méritait une instruction complémentaire. Il s'est entretenu avec les présidents de la FUPL et d'Yncrea et a obtenu de leur part qu'ils renoncent à la destruction immédiate du bâtiment, afin de prendre le temps de l'examen d'une solution alternative".

Une pétition a recueilli 5500 signatures

Située dans l'enceinte du Centre Scolaire Saint-Paul, dans le quartier Vauban, la chapelle Saint-Joseph a fait l'objet d'un permis de démolir signé le 28 mai 2019. 

Martine Aubry, maire PS de Lille, a déclaré à l'Agence France Presse (AFP) "avoir discuté de la chapelle Saint-Joseph avec le ministre de la Culture il y a trois semaines" et que celui-ci "l'a rappelée juste avant de publier son communiqué". 

"Il s'agissait d'un projet de l'université catholique qui avait obtenu le feu vert des Bâtiments de France. Dès lors, les services de la ville ne pouvaient pas s'y opposer", a-t-elle rappelé.

Violette Spillebout, candidate LaREM à la mairie de Lille, avait demandé cette semaine l'annulation du permis de démolir, soulignant qu'une pétition pour la sauver avait été signée par 5500 personnes et que "l'édifice est situé dans le périmètre classé Monument historique du Palais Rameau".

"C'est donc ça le monde d'après?"

Même si la chapelle, qui date de 1886, n'est pas elle-même classée aux monuments historiques, "elle fait partie de notre patrimoine lillois. Détruire le patrimoine est un coup porté aux générations futures, et je me réjouis que Stéphane Bern (missionné par l'exécutif pour une mission patrimoine national) prenne position pour sauver la chapelle", avait-elle affirmé.

"Détruire le patrimoine, c'est donc ça le monde d'après?", s'était ému Stéphane Bern mercredi sur Twitter.

Le projet Yncrea pourrait être construit ailleurs, sur le secteur du port de Lille ou sur la friche Transpole, selon la candidate LaREM. 

F.B. avec AFP