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Paul Bocuse: une foule de chefs et des milliers d'admirateurs réunis à ses obsèques

Près de 1.500 chefs sont réunis à Lyon ce vendredi pour rendre un dernier hommage à Paul Bocuse. Les obsèques ont débuté à 10h30 dans la cathédrale Saint-Jean.

"Des hommes comme ça, on ne les pleure pas, on les honore", a dit l'un d'eux. Près de 1.500 chefs du monde entier et plusieurs milliers d'admirateurs sont présents ce vendredi à Lyon pour un dernier hommage au "pape" de la gastronomie française, Paul Bocuse.

"Monsieur Paul", star des fourneaux doté d'une gouaille unique, a été durant des années un ambassadeur de la cuisine française à travers le monde. De l'Espagne au Pérou, en passant par la Suède, les chefs les plus renommés lui avaient rendu hommage à l'annonce de son décès, le 20 janvier.

Il aurait voulu une cérémonie "simple" dans "la petite église de Collonges-au-Mont-d'Or", près de Lyon, sa commune natale des bords de Saône où il est mort à 91 ans dans sa fameuse auberge - trois étoiles au guide Michelin depuis plus d'un demi-siècle, un record. Mais cela "n'a pas été possible" en raison de l'affluence, a expliqué son fils Jérôme, et la famille a fait "de son mieux pour respecter son souhait".

Ecrans géants devant la cathédrale

Les obsèques ont débuté à 10h30 locales en la cathédrale Saint-Jean de Lyon, et le gotha de la gastronomie est bien présent pour dire adieu à celui qui a inspiré et formé des générations de cuisiniers. Parmi eux, les chefs français Alain Ducasse (que le défunt considérait comme son "fils" spirituel) et Joël Robuchon, Anne-Sophie Pic ou encore Daniel Boulud, arrivé de New York, et Hiroyuki Hiramatsu, à la tête des brasseries Bocuse au Japon.

Le gouvernement français est pour sa part représenté par le ministre de l'Intérieur et ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, qui avait annoncé le décès samedi dernier, et le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, défenseur de la "gastronomo-diplomatie" quand il officiait au ministère des Affaires étrangères.

La cathédrale, en travaux, ne peut toutefois accueillir que 1.100 personnes: la famille de ce polygame assumé, les proches, les officiels, les collaborateurs des différents établissements Bocuse, et quelques centaines de chefs.

Les autres peuvent suivre la célébration sur des écrans installés sous un chapiteau dans la cour jouxtant la cathédrale. Parmi eux, des lauréats, norvégiens et suédois notamment, des Bocuse d'Or, ce prestigieux concours culinaire lancé par Monsieur Paul en 1987. La foule, quant à elle, peut suivre la cérémonie sur deux écrans géants installés sur le parvis, interdit à la circulation. D'importantes mesures de sécurité ont été mises en place. 

Haie d'honneur en vestes blanches

Le cercueil a été porté dans l'église entre une haie d'honneur de cuisiniers en vestes blanches. C'est un proche de la famille, Mgr Emmanuel Payen, qui a prononcé l'homélie de la célébration présidée par le cardinal Philippe Barbarin.

Gérard Collomb devrait prendre la parole pour saluer la mémoire du grand cuisinier, décédé le 20 janvier dans la chambre où il est né, au-dessus de son restaurant. Il souffrait depuis plusieurs années de la maladie de Parkinson.

Paul Bocuse, vêtu de sa veste de cuisinier ornée de sa médaille de Meilleur Ouvrier de France (MOF), obtenue en 1961, sera ensuite inhumé dans le caveau familial au cimetière de Collonges, aux côtés de ses parents. Une cérémonie réservée à 200 personnes.

L'association des Toques blanches lyonnaises a demandé à l'Élysée qu'un hommage national soit rendu au défunt le 11 février, jour de son anniversaire, à Lyon. Une idée que son fils n'approuve pas.

"De ma vie je ne regrette rien", se plaisait à dire Bocuse, "sauf peut-être la peine que j'ai pu faire aux femmes de ma vie. J'espère qu'elles me pardonneront".

C. P. avec AFP