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Thomas Misrachi, dans Embarqué : "en opération, ça ne s'arrête jamais"

Thomas Misrachi, en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris.

Thomas Misrachi, en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris. - RMC Découverte

Présentateur de 7 jours BFM, Thomas Misrachi s'invite sur l'antenne de RMC Découverte pour l'émission Embarqué. Une heure pendant laquelle le journaliste se plonge dans les grandes unités spéciales de la planète. Ce mardi, à partir de 20h45, Thomas Misrachi embarque dans le cadre de l'opération Sangaris, en République centrafricaine. Il nous explique comment s'est déroulé le tournage.

Comment s'est organisée la mission au cœur de l'opération Sangaris, avec l’armée française en République centrafricaine ?

Entre le moment où l’on entame une saison et la diffusion d’un épisode d’Embarqué, il faut environ 9 mois. Et cela à cause de la nature même de l’émission. Quand je pars avec une section, je pars sur une vraie opération. Ce n’est pas une opération média ou quelque chose de monté pour la presse. Je me greffe à l’armée pour une opération qui aurait lieu avec ou sans moi. Ce que nous montrons dans Embarqué, c’est la réalité du quotidien des soldats qui forment l’armée française. Il faut donc beaucoup de temps pour trouver la bonne opération, celle dans laquelle je peux être intégré. Les critères : la sécurité, l’intérêt de la mission et le temps de mettre en place une équipe de tournage. Les conditions sont souvent extrêmes. Les réalisateurs, chef opérateurs ou preneurs de sons doivent donc avoir une certaine expérience des tournages difficiles. Pour "Opération Sangaris", nous avons commencé à évoquer une mission en Centrafrique en octobre. Le tournage a eu lieu au mois de janvier dernier. Quant à ma préparation plus personnelle : elle est simple, beaucoup de sport. 

A-t-il été difficile de s'intégrer au groupe ?

Ce n’est jamais facile d’être accepté ou intégré dans un groupe de soldats. D’abord parce qu’il y a souvent de la méfiance envers tout ce qui vient de l’extérieur, l’esprit de corps. Quand j’arrive, les soldats de la section dans laquelle je suis intégré ne savent que depuis quelques jours que j’arrive. Ils sont donc méfiants. De plus, ce sont souvent des groupes déjà très liés. Les hommes se connaissent, ils ont leur routine, leurs habitudes. Il y a peu de place pour des nouveaux venus comme moi. La difficulté supplémentaire pour ces hommes, c’est d’avoir un journaliste à gérer en plus de leur mission. Pour eux, le boulot doit être fait. Avoir à charge une personne sans aucune compétence militaire est un gros défi supplémentaire. Et en Centrafrique, il y avait aussi une question d’âge. Certains des soldats de ma section auraient pu être mes enfants ! Mais tous ont été supers. Il faut dire que l’épreuve a pour vertu de souder les troupes.

Que retient-on d'une telle opération, vue de l'intérieur ?

J'ai appris que rien n’est impossible quand on met du cœur à la tâche. Quand nous sommes arrivés dans la ville de Sibut et que j’ai vu ce qu’il restait du pont que nous devions entièrement reconstruire en 3 jours, je me suis dit que c’était impossible. Et nous l’avons fait. J’ai aussi appris que l’armée française ne fait pas que combattre. En Centrafrique, elle contribue aussi grandement à la stabilisation du pays en reconstruisant des infrastructures. Sans ces soldats, le pays n’aurait aucune chance de repartir. Le travail fourni par les Français et les autres forces armées dans ce pays a été colossal. Sans eux, un massacre aurait pu avoir lieu. Ils ont vraiment permis d’éviter le pire.

Et qu'est-ce qui a été le plus difficile ? 

Le plus difficile pour moi ont été les trajets de ville en ville. Ils nous a notamment fallu douze heures pour aller de Bambari à Sibut. Dans un VAB (véhicule de l'avant blindé, NDLR), la chaleur était accablante. Les pistes très difficiles. Ce qui est dur aussi, c’est le rythme. En opération, pas question de break, de week-ends, de période de repos ou de détente. Ça n’arrête jamais. Dans un pays comme la Centrafrique, tout peut dégénérer très rapidement. Il ne faut jamais baisser la garde. Pendant notre séjour, il y a eu des morts et des interventions pratiquement tous les jours sur ou à proximité des lieux où nous nous trouvions. La population est très divisée sur la présence militaire internationale. Pour la grande majorité, elle est synonyme de sécurité et de vie meilleure. Mais les différentes factions actives dans ce pays très morcelé sont partout et représentent un danger permanent pour les soldats. Impossible de relâcher sa garde. Et du coup, le plus surprenant pour moi ça a été la gentillesse et le calme de la section avec qui j’étais… Tous soldats, mais d’une incroyable humanité. Entre eux, on aurait dit un vrai groupe de potes. On perçoit parfois l’armée comme une grosse masse kaki… J’ai découvert des hommes derrière les treillis. C’est une expérience qui ne s’oublie pas. C’est d’ailleurs pour cela, avec plaisir et fierté, que j’ai accepté de devenir le parrain du 3e régiment du génie de Charleville-Mézières.

Soirée spéciale Embarqués sur RMC Découverte ce mardi 22 septembre, à partir de 20h45. 

20h45 - Embarqué : Opération Sangaris. 

21h55 - Embarqué : Opération Hermès.