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La mobilité, thématique oubliée de la conférence de presse d’Emmanuel Macron

Emmanuel Macron a peu évoqué la question de la mobilité et de son coût, lors de sa conférence de presse ce jeudi.

Emmanuel Macron a peu évoqué la question de la mobilité et de son coût, lors de sa conférence de presse ce jeudi. - BFM

Les 80 km/h comme le prix du carburant et la fin du diesel étaient à la source de la crise des gilets jaunes. Mais peu de réponses concrètes ont été apportées aux automobilistes, et aux questions que se posent les Français sur la mobilité.

Cinq mois après le début du mouvement des gilets jaunes, Emmanuel Macron n’a pas apporté ce jeudi, lors de la première conférence de presse de son quinquennat, de réponses concrètes à l’une des racines du mouvement: le déplacement individuel en milieu périurbain, notamment en voiture, sur fond de transition écologique et de limitation de la vitesse à 80 km/h. Autant de thèmes qui ont pourtant irrigué le grand débat pendant trois mois.

Un conseil de défense écologique

Le Président de la République a certes annoncé la mise en place d’un conseil de transition écologique. Ce nouvel organisme doit assurer qu’au cœur de toutes les politiques soit prise en compte l’urgence écologique. Mais il faudra certainement attendre la mise en place de ce conseil pour des mesures concrètes, par exemple sur les évolutions des prix des carburants, la place du diesel et de la voiture électrique ou encore la possibilité de se déplacer en zone rurale.

La question des transports avait pourtant été évoquée par le Président au tout début de son intervention, dans le cadre d'une nouvelle décentralisation.

"Je souhaite un nouvel acte de décentralisation adapté à chaque territoire. Cela portera sur le logement, le transport, la transition écologique", a précisé Emmanuel Macron, sans entrer plus dans le détail. 

Le président de la République n'a que rapidement évoqué la prime mobilité, mise en place par des partenaires sociaux pour les salariés. Il a ici reconnu que le problème du pouvoir d'achat venait de "la hausse de toutes les dépenses contraintes". Les transports comptent dans ces dépenses. Pour le reste, il faudra attendre. 

Les 80 km/h non évoqués

L’abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h n’a ainsi pas été abordé. Il cristallise depuis le 1er juillet la colère des automobilistes, avec notamment la destruction des radars. Malgré les demandes répétées de certains parlementaires, le président n’a pas évoqué ce sujet sensible, soutenu par le Premier ministre.

S’il a évoqué un besoin de faciliter les déplacements, avec pour objectif un retour au plein emploi, Emmanuel Macron n’a pas avancé de pistes concrètes sur le changement de mode de transport, la mobilité ou encore le permis de conduire moins cher. Des éléments doivent sur ce sujet être annoncés dans les prochaines semaines par le gouvernement.

Quelques réponses en fin d’année dernière

Le gouvernement avait cependant déjà apporté certaines réponses. En novembre, le Premier ministre avait annulé la taxe carbone, et donc l’augmentation des taxes sur le carburant, pour 2019. Edouard Philippe a également repoussé de six mois l’entrée en vigueur d’un nouveau contrôle technique, plus sévère côté pollution, pour l’amender avec les professionnels. 

Le gouvernement a également augmenté le montant du la prime à la conversion depuis le 1er janvier, passée de 2000 à 4000 euros pour les ménages les plus modestes. 

Pauline Ducamp