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Un loup abattu près de Nîmes

Dans la nuit de samedi à dimanche, un loup a été abattu dans le Gard. L'épilogue d'une traque longue de deux ans.

Alors qu'on vient d'apprendre que la population des loups dépasse désormais 500 spécimens en France, on en compte un de moins depuis la nuit de samedi à dimanche. Au bout de deux ans d'une traque opiniâtre, après que le prédateur aux poils gris s'est constitué un tableau de chasse de 360 victimes animales, un loup a en effet été abattu près de Nîmes, dans le Gard, du côté du plateau des Costières, dans la nuit de samedi à dimanche. 

L'histoire de ce mâle solitaire et de ses raids gardois débute il y a deux ans. Le 24 mai 2017, à Bellegarde, distant de 20 km de Nîmes, José Carlos Lopes, ouvrier agricole salarié du domaine Saint-Louis de la Perdrix, tombe nez à museau avec le canidé errant dans les vignes. "J’ai eu le temps de sortir le portable, de filmer. Il n’est pas parti en courant. Il est parti tranquille", s'est souvenu le vigneron.

Une "grande confrontation" 

250 ans après la guerre menée contre la "Bête du Gévaudan", le préfet Didier Lauga se résout, devant l'échec des autorités à mettre la main sur le loup, le 15 mai dernier à faire appel au lieutenant de louveterie, un officier public chargé de la chasse des loups.

L'initiative est payante. "C’est quand on a épuisé toutes les autres solutions qu’on se résigne effectivement à abattre le loup. Il reste une espèce protégée, mais il y a l’autorisation d’en abattre un certain nombre, ce qu’on appelle des prélèvements. On est dans une base tout à fait légale et a priori ça devrait régler le problème dans ce secteur du Gard", a expliqué le haut fonctionnaire auprès de notre antenne. 

Fanny Tamisier, présidente du syndicat des éleveurs ovins du Gard, a elle aussi évoqué la polémique naissante: "Il y a une grande confrontation notamment avec un milieu plus citadin sur ces questions d’environnement et de biodiversité. Oui, ça suscite du débat, mais tout ce qu’on demandait c’était de continuer à travailler sereinement."

Le quota d'abattage a par ailleurs été revu à la hausse fin 2018, passant de 43 à 51 loups par an. 

Marine Schérer et Coralie Pierre avec R.V.