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Un arrêté interdit la reproduction des dauphins et des orques en captivité

Un arrêté publié au Journal Officiel interdit la reproduction des animaux détenus dans les parcs aquatiques.

Un arrêté publié au Journal Officiel interdit la reproduction des animaux détenus dans les parcs aquatiques. - DOMINIQUE FAGET / AFP

Un arrêté publié au Journal Officiel prévoit notamment l'interdiction de la reproduction des animaux détenus dans les parcs aquatiques. Les associations de protection de la nature saluent une avancée "historique".

À terme, il ne devrait plus exister de dauphins et d'orques en captivité. C'est en tout cas l'objectif affiché par la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, en signant un arrêté, publié ce samedi au Journal Officiel, imposant des règles plus strictes aux delphinariums

"Pour assurer la protection des espèces, améliorer le bien-être et supprimer la souffrance animale, la détention en captivité de spécimens de cétacés est interdite", à l'exception des orques (Orcinus orca) et des grands dauphins (Tursiops truncatus) "régulièrement détenus à la date d'entrée en vigueur" de l'arrêté "au sein d'établissements dûment autorisés", stipule l'arrêté publié.

"Une avancée historique"

Autrement dit, "cela signifie la fin des programmes de reproduction, d'échanges ou d'importation (...). Sans renouvellement possible, cela signifie tout simplement la fin programmée des cirques marins sur notre territoire", se sont réjouies les associations Code Animal, la Dolphin Connection, One Voice, Réseau Cétacés et Sea Sheperd. "Cette avancée française est historique", ont-elles souligné dans un communiqué. La mesure n'a pourtant pas satisfait tout le monde. Au contraire, le directeur du Marineland d'Antibes, Jon Kershaw, l'a qualifiée de "bombe" dans les colonnes de Var-matin

Une ancienne version du texte prévoyait simplement un "contrôle étroit de la reproduction des dauphins", en fonction de "la configuration et la taille des bassins". Mais Ségolène Royal a décidé de reprendre le texte avant qu'il ne soit publié et "a souhaité être plus radicale", a indiqué le ministère de l'Écologie, avant d'ajouter: "Elle a notamment appris que certains animaux étaient drogués et a voulu aller plus loin".

Augmentation de la surface des bassins

Le texte, qui abroge un arrêté de 1981, prévoit notamment une "augmentation d'au moins 150 % de la surface des bassins afin de permettre aux animaux de se soustraire à la proximité des visiteurs et à celle des autres animaux", précise le ministère. Le chlore est interdit dans le traitement de l'eau. Les "contacts directs entre le public et les animaux ainsi que les immersions du public dans les bassins hébergeant des cétacés" sont également interdits, ajoute-t-il. Les établissements ont six mois pour se conformer à l'arrêté, sauf pour les travaux de mise en conformité des bassins, qui devront être réalisés dans un délai de trois ans.

Le texte a été mis au point avec des associations de protection de la nature et des animaux comme les fondations 30 Millions d'Amis et Nicolas Hulot, le Réseau Cétacés, Robin des Bois, la SPA, France Nature environnement, la Ligue pour la Protection des Oiseaux ou le WWF, après une année de discussions associant le Muséum national d'Histoire naturelle, précise le ministère.

P.L avec AFP