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Val-de-Marne: la préfecture refuse la nationalité française à une infirmière sous prétexte qu'elle travaille trop

Deux infirmières en train de déambuler dans le couloir d'un hôpital.

Deux infirmières en train de déambuler dans le couloir d'un hôpital. - AFP

Au mois de juin dernier, la naturalisation française a été refusée à une infirmière du Val-de-Marne qui cumule 3 emplois, au motif que celle-ci travaillait trop et qu'elle excédait le temps de travail autorisé en France. Une décision jugée injuste par de nombreux internautes.

L'affaire, jugée absurde, a suscité l'indignation de nombreux internautes. La préfecture du Val-de-Marne a refusé la nationalité française à une infirmière sous prétexte qu'elle travaille trop, et ne respecte pas le temps de travail légal autorisé, rapporte 20 Minutes

Cette femme cumule trois emplois et effectue 271 heures de travail par mois, soit 59 heures hebdomadaires, alors que le maximum légal autorisé en France est fixé à 48 heures légales autorisées et "44 heures par semaine en moyenne sur une période de douze jours consécutifs", comme le rappelle le site gouvernemental service-public.fr.

Une demande ajournée pour 2 ans

Le 4 juin dernier, cette professionnelle du milieu de la santé reçoit un courrier signé de la préfecture du Val-de-Marne, lui faisant savoir que sa demande de naturalisation avait été ajournée pour une durée de 2 ans. 

Dans cette lettre, dont l'authenticité a été confirmée par la préfecture du Val-de-Marne à 20 Minutes, celle-ci explique à cette femme qu'elle est "en infraction au regard de la réglementation sur le temps de travail en France", ayant effectué "en moyenne, par mois, 119 heures de vacations "pour une durée mensuelle de 271 heures de travail". 

"Outre l'emploi que vous exercez en qualité d'infirmière au sein de la clinique de l'Orangerie depuis 2011, vous effectuez en parallèle des vacations au sein du Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil et à la Fondation A. de Rothschild", semble lui reprocher la préfecture.

"J’ai trouvé cela scandaleux"

C'est un ami de l'infirmière qui décide, vendredi dernier, de publier sur son compte Twitter la lettre reçue de la préfecture. "J’ai trouvé cela scandaleux", raconte Nicolas Delage à 20 Minutes, avant d'ajouter: "une des raisons pour lesquelles on devrait donner la nationalité, c’est le travail. Elle ne vole le travail de personne". Et son message a suscité l'indignation de nombreux internautes, qui ont jugé cette décision injuste voire illogique.

Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a également réagi sur le réseau social: "Chez nous, les racistes les + cons reprochent aux étrangers de venir pour ne pas travailler. Mais notre État peut faire ça? ⁦Emmanuel Macron⁩ réagissez!", a-t-il tweeté mercredi.

Nicolas Delage précise à nos confrères que son amie envisage de faire appel de cette décision auprès du ministère de l’Intérieur. Si celui-ci ne répond pas dans les quatre mois ou s’il répond défavorablement, l’infirmière se tournera vers le tribunal administratif de Nantes.

Jeanne Bulant