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Une nouvelle vidéo choc de L214 dénonce les conditions d'élevage des lapins en cage

La vidéo, tournée dans un élevage de Nueil-les-Aubiers, dans les Deux-Sèvres, montre des lapins - destinés à la consommation humaine - entassés les uns sur les autres dans des cages au sol grillagé, et traités avec de nombreux antibiotiques.

Des lapins entassés par dizaines dans des cages larges d'une vingtaine de centimètres seulement: c'est le triste spectacle que l'on peut découvrir dans la nouvelle vidéo dévoilée ce mardi 20 août par l'association L214.

Sur ces images tournées entre mai et août 2019 dans un élevage de Nueil-les-Aubiers, une commune des Deux-Sèvres, on peut voir que les lapins se piétinent entre eux. Les corps en décomposition des mammifères écrasés par leurs congénères jonchent le sol des cages grillagées et sont laissés à l'abandon. La vidéo montre également que les lapins se blessent en marchant sur le grillage ou s'y coincent les pattes.

Des antibiotiques en grande quantité 

Au-delà de l'extrême promiscuité dans laquelle vivent les 8000 lapins que compte cette exploitation, la vidéo de L214 montre que les petits mammifères, destinés à la consommation humaine, reçoivent de nombreux antibiotiques - et en grande quantité - pour résister à ces conditions d'élevage très difficiles. Parmi ces médicaments, dont certains sont périmés depuis un an, on trouve notamment des hormones extraites du sang de juments gestantes.

"Afin d'endiguer le nombre de morts et, par-là, rendre les élevages cunicoles économiquement viables, on préfère administrer d'importantes quantités de médicaments aux lapins plutôt que de rendre les conditions d’élevage un peu plus clémentes" dénonce l'association dans son communiqué publié ce mardi.

22% des lapins élevés en cage meurent avant l'abattage

Contactée par France Bleu Poitou, la dirigeante du Comité Interprofessionnel du Lapin (CLIPP), Emilie Gillet, a affirmé que "la filière travaille pour développer des modèles d'élevage alternatifs à la cage qui permettraient de mieux prendre en compte le bien-être animal", a-t-elle assuré. Selon elle, "la fréquence de traitement a diminué de moitié sur les élevages en France" entre 2010 et 2015.

De son côté, L214 affirme que 30 millions de lapins élevés en cage dans des conditions similaires sont tués chaque année en France, deuxième producteur cunicole européen derrière l'Espagne. L'association précise également que 22% des lapins élevés en cage meurent avant l'abattage, en raison des mauvaises conditions de vie.

Avec 170 autres associations, L214 a par ailleurs lancé l'année dernière l'initiative européenne (ICE) #EndTheCageAge, pour pousser la Commission à prendre des mesures concernant l'élevage en cage des animaux.

Juliette Mitoyen