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Une "halte d'urgence" pour les migrants ouvre porte de la Chapelle à Paris

Cette "halte d'urgence" de jour a ouvert pour trois mois porte de la Chapelle, non loin des campements insalubres qui longent le périphérique.

Une "halte d'urgence" de jour pour les migrants les plus vulnérables a ouvert pour trois mois porte de la Chapelle à Paris, non loin des campements insalubres qui longent le périphérique.

"La rue ne peut pas être une destination pour vivre. C'est une situation insupportable et inhumaine malgré les interpellations que l'on fait à l'État", a déclaré vendredi la maire de Paris Anne Hidalgo lors d'une visite de ce nouveau site financé par la Ville et géré par l'Armée du Salut.

Après la fermeture de "la Bulle", le centre humanitaire de la Chapelle géré par Emmaüs Solidarité, en avril, Anne Hidalgo était repartie à l'offensive sur la question des migrants, reprochant à l'Etat une situation de "chaos". Le préfet avait répliqué en faisant valoir le "travail colossal" de l'État.

Une capacité d'accueil de 100 personnes

A quelques pas du périphérique et des campements sous les bretelles de l'autoroute, le nouveau bâtiment, mis à la disposition gratuite de la Mairie de Paris jusqu'au 31 août, pourra accueillir au maximum 100 personnes par jour. Après cette date, la mairie devra trouver un autre lieu. 

"C'est un accueil inconditionnel et un dispositif d'urgence pour les migrants les plus vulnérables", a indiqué Marie Cougoureux, coordinatrice à la Fondation de l'Armée du Salut.

Autour du bâtiment et toujours dans le vrombissement du périphérique, 10 toilettes et 12 douches sont installées et disponibles tous les jours sauf le soir et la nuit. A l'intérieur, des machines à laver, un box pour des consultations médicales et un autre pour l'aide juridique. "Je viens ici pour me doucher et être un peu plus au calme", a indiqué Zahidullah Nasiri, un migrant afghan arrivé en octobre à Paris. 

"Un lieu d'apaisement"

La halte espère aussi devenir un lieu d'aide et d'échanges: "Toutes les associations sont invitées à partager le lieu, on veut mettre en place des cours de français, de musique et une cellule psychologique. Cela doit être un lieu d'apaisement", a ajouté Marie Cougoureux, tout en faisant un appel aux bénévoles. 

Des permanences associatives sont également proposées par France Terre d'Asile, Aurore, le Samu Social ou Action contre la Faim.

Selon la Ville de Paris, qui finance à hauteur de 170.000 euros ce projet (10.000 euros par la Ville de Saint-Denis), entre 700 et 1.200 réfugiés dorment actuellement près de la porte de la Chapelle dans des campements régulièrement évacués. Début mai, Anne Hidalgo a adressé au préfet "deux propositions" de sites pour héberger durablement les migrants et a indiqué vendredi "attendre la réponse". 

Cyrielle Cabot avec AFP