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Un rapport dénonce les examens médicaux inutiles

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Par facilité, par crainte d'un procès, et surtout parce que les patients les réclament, les examens médicaux se multiplient. Dans un rapport, l'Académie de médecine tire la sonnette d'alarme : ils coûtent très cher à la collectivité, sans pour autant apporter de réels bénéfices aux patients.

Trop d'échographies, d'examens biologiques, de bilans de santé, d'ordonnances de médicaments, de recours à l'imagerie "lourde", voire à des interventions chirurgicales, sont réalisés de façon abusive et sans discernement, déplore l'Académie nationale de médecine. Dans son rapport "Améliorer la pertinence des stratégies médicales" qu'elle vient de rendre public, cette instance conseillère des pouvoirs publics dresse un bilan sans concession de ces dérives, source « d'inflation de dépenses » pour la collectivité, sans pour autant apporter de bénéfices aux patients. Et aujourd'hui, l’Académie avance des pistes pour y remédier : valorisation de la qualité des soins, amélioration de la formation initiale des médecins...

« J'ai payé, j'y ai droit »

L’académie parle d'excès en tout genre. Echographie, scanner, mammographie... et même certaines opérations comme l'appendicite, l'ablation de la vésicule biliaire, sont trop fréquentes. L'Académie de médecine dit stop, parce que ça coûte cher et c'est loin d'être toujours bénéfique pour le patient. Deux responsables : le médecin d'abord. Dans l'urgence, par peur de poursuite judiciaire, il prescrit à l'aveugle et s'en remet à la technologie de façon trop systématique. Mais aussi le patient : « J'ai payé, j'y ai droit », les académiciens appellent ça le consumérisme médical. Ils s'en prennent également aux bilans de santé gratuits proposés par l'Assurance maladie. 600 000 personnes s'y soumettent chaque année, et une étude récente prouve que ça ne réduit ni le risque de mortalité ni celui de cancer. Pour les académiciens donc, pour bien guérir, inutile de trop prévenir.
L'Assurance maladie, consciente de ces critiques, oriente désormais ces bilans vers des populations ciblées par l'âge et les conditions sociales ou dans des études épidémiologiques organisées, note toutefois l’académie.

J.V. avec Pauline Baduel