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Tentes sous le préau, dortoirs de fortune: le squat de la Croix-Rousse est débordé par l'afflux de migrants

Plus de 400 migrants vivent dans des conditions très précaires au sein du squat de l'ancien collège Maurice Scève à Lyon.

La semaine dernière, c'est un mineur qui a dû être renvoyé à la rue. Les associations qui gèrent le squat de la Croix tirent la sonnette d'alarme face à l'afflux de migrants. Dans un lieu déjà surpeuplé, où vivent plus de 400 personnes, elles ne sont plus capables d'accueillir de nouveaux arrivants.

450 habitants dans le squat

Mardi dernier, une famille irakienne de trois enfants, dont un bébé de 28 jours, a heureusement pu être renvoyé vers un autre squat à Villeurbanne. Mais un mineur, qui s'était vu refusé sa prise en charge par la Métropole, en raison de doutes sur son âge, s'est vu renvoyé de fait à la rue "parce qu'il n'y a plus de place au collège", indique un communiqué des associations qui s'occupent du lieu. 

"La Métropole demande par voie de presse aux habitants du collège de ne plus donner refuge à personne, menaçant, dans le cas contraire d'arrêter son aide sommaire, et, en même temps, ses services envoient au squat du collège les mineurs qu'ils refusent d'héberger", dénonce le texte. 

Actuellement, 450 personnes cohabitent dans l'ancien collègue Maurice Scève, dans le 4e arrondissement de Lyon, transformé en squat pendant l'été 2018. Au fil des mois, ils ont été de plus en plus nombreux à s'installer dans des conditions précaires, entre tentes et dortoirs de fortune. 

Une situation d'urgence

Une cinquantaine d'entre eux logent ainsi sous le préau, d'autres dans des couloirs. Selon les associations en charge du lieu, il y a seulement 9 douches et 9 sanitaires pour l'ensemble des habitants, tandis que le chauffage est au mieux "très aléatoire". 

"On se trouve dans une situation d'urgence parce que l'hiver approche et qu'on est dans un lieu plutôt prévu pour 150-200 personnes", s'inquiète Anne Charmasson-Creuss, membre du collectif du collège Maurice Scève.

Le collectif demande donc qu'une centaine d'habitants "soient relogés ailleurs, "par exemple dans un lieu réquisitionné ou mis à disposition pour la mise à l'abri, par la préfecture (responsable de l'hébergement des demandeurs d'asile)".

Bataille juridique

Les habitants et les associations s'inquiètent par ailleurs de la bataille juridique avec la Métropole. Cette dernière, qui aimerait récupérer le bâtiment pour un projet immobilier, a récemment annoncé vouloir faire appel de la décision de justice qui a accordé un an supplémentaire aux habitants avant leur expulsion.

Les associations pourraient aussi se voir supprimer leur délégation. Chargées de gérer ce squat et de répondre à l'urgence humanitaire, la Métropole envisage de retirer le 15 novembre prochain leur mandature.

"Ça va amener le lieu dans un chaos total, que ça soit au niveau de la nourriture, au niveau sanitaire et pour les procédures juridiques", s'inquiète Ibrahim, résidant dans le squat depuis un an. 
Lucie Jung avec Benjamin Rieth