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Suicide en direct sur Periscope: l’ex-compagnon de la victime a été entendu par les enquêteurs

Dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet d’Evry après le suicide d’une jeune femme diffusé en direct sur Periscope, plusieurs de ses proches ont été entendus. Son ex-compagnon, qu’elle accusait de viol dans l’une des vidéos, a été auditionné.

Trois jours après les faits, le parquet d’Evry tente de faire la lumière sur les circonstances qui entourent le suicide d’une jeune femme de 19 ans en gare d’Egly. La victime, qui s’est jetée sous un RER et a diffusé son geste en direct sur l’application Periscope, évoquait le viol dont elle aurait été victime et en accusait son ex-compagnon. Plusieurs de ses proches, ainsi que son ex petit-ami, ont été entendus par le procureur de la République d’Evry, annonce le parquet dans un communiqué diffusé ce vendredi.

Elle avait fait part de ses intentions à son ex petit-ami

“Les premières auditions recueillies auprès des parents et des proches de la jeune femme révèlent que celle-ci présentait un profil psychologique fragile”, rappelle le procureur, Eric Lallement. “Elle entretenait depuis 2013 une relation affective avec un jeune homme dans un contexte parfois empreint de scènes violentes et de ruptures. Il aurait mis fin à cette relation à la fin de l'année 2015 tout en continuant de la rencontrer occasionnellement. Au cours de cette relation, elle a, à plusieurs reprises, y compris la veille de sa mort, fait part d'intentions suicidaires à son ancien compagnon”, précise-t-il encore.

"Elle entretenait depuis 2013 une relation affective avec un jeune homme dans un contexte parfois empreint de scènes violentes et de ruptures."

D’après les informations recueillies lors des auditions de plusieurs personnes proches du couple, la jeune femme avait évoqué un viol conjugal à plusieurs reprises, “sans toutefois apporter aucun élément précis sur les circonstances de celui-ci et en le situant à une date différente selon l'interlocuteur auquel elle s'est confiée”, développe le procureur. La jeune femme aurait été invitée par ses proches à porter plainte, mais s’y serait refusée.

Rien n’a permis aux secours d’intervenir avant sa mort

Son ex-compagnon, entendu lui aussi par les enquêteurs, a confirmé la teneur chaotique de leur relation, à laquelle il a souhaité mettre fin “et au cours de laquelle il n'y a jamais eu de relations sexuelles non consenties”, selon ses dires. Le jeune homme a donc été laissé libre à la suite de cette audition.

Le parquet, qui confirme par ailleurs la thèse du suicide, a pu exploiter quatre des cinq vidéos tournées par la jeune femme pendant les heures qui ont précédé sa mort. Sur ces images, “à aucun moment, elle ne fait état, de manière claire, d'un danger imminent pour sa vie ou son intégrité, ce qui n'a permis aucune intervention préalable des services de secours ou de tiers”.

La cinquième vidéo, celle du passage à l’acte, a été censurée par Periscope et devra être retranscrite à partir d’un serveur américain. Elle sera mise à la disposition des enquêteurs d’ici quelques jours.
Charlie Vandekerkhove