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Strasbourg: "J'ai vu un corps allongé au sol, le sang coulait", raconte un témoin

Les coups de feu ont éclaté mardi soir, peu avant 20 heures, aux abord du marché de Noël de Strasbourg. Certains ont croisé le chemin de l'assaillant, d'autres ont été pris dans le tumulte d'une foule paniquée. Des témoins reviennent sur le drame qui a frappé la ville alsacienne.

Un vent de panique souffle sur Strasbourg depuis qu’un homme armé a ouvert le feu sur des passants aux abords du marché de Noël, mardi soir. A ce moment-là, Audrey, une strasbourgeoise flânait dans les rues du centre-ville avec deux amies. Soudain, le petit groupe s'est retrouvé face à un homme armé: 

"Il est sorti du porche d'un immeuble avec un pistolet en main, le bras tendu. Il s'est dirigé vers un monsieur qui marchait devant moi et lui a tout de suite tiré une balle dans la tête. L'homme s'est écroulé et l'individu a tiré une deuxième fois sur une autre personne, qui est tombée à terre aussi", livre Audrey à RMC.

Tétanisée par la peur, Audrey ne parvient pas à s’enfuir et reste à proximité de l’assaillant. "Il a détalé et est reparti sous un autre porche. Pourquoi il ne m'a tiré dessus? Je ne sais pas. Je crois que j'ai eu un gros coup de chance: comme tout le monde hurlait, il a fui. Je pense qu'à une seconde près... ", murmure-t-elle, désorientée.

"Le sang coulait"

Dans son assaut meurtrier, le tireur a ouvert le feu à trois endroits différents, répandant la terreur dans tout le centre-ville de Strasbourg. Jonathan a lui aussi été témoin de l’événement. Alors qu’il servait les clients de son restaurant, il a entendu "une forte détonation, raconte-t-il au micro de BFMTV. Alors, je suis sorti voir ce qui se passait et j’ai vu un corps allongé sur sol, le sang coulait", se remémore-t-il, encore secoué par cette vision. "Plus loin, j’ai aperçu un homme de dos, courir avec une arme à la main, puis j’ai entendu de nouvelles détonations", poursuit le serveur strasbourgeois.

L’instinct de survie l’a alors poussé à se réfugier à l’intérieur du restaurant où il travaille. "J’ai tout barricadé, avec les clients à l’intérieur et j’ai éteint les lumières." L’assaillant a fait douze blessés et tué deux personnes (une autre victime est en état de mort cérébrale), dont l’époux d’une femme qui se trouvait dans le restaurant de Jonathan.

"En plus, nous avions la femme qui était avec son fils dans le restaurant. Elle était aux toilettes. Quand elle est sortie, on a dû lui annoncer que son mari s'était fait tirer dessus".

"C’était de sacrés coups de feu"

"J’ai d’abord cru à une manifestation de lycéens qui dérapait", rapporte un autre témoin pris dans le tumulte de la foule après les coups de feu. Autour de lui, des adultes affolés, des enfants en pleurs et des détonations. "J’ai eu très peur, c’était de sacrés coups de feu. Je suis allé me cacher dans un restaurant", explique-t-il. Près de la place de la cathédrale, Inès s’est quant à elle réfugiée dans le sous-sol d’un hôtel après les premières détonations. "Tout le monde nous a dit de courir. On ne se sent pas concerné jusqu’à ce que ça nous arrive", déplore-t-elle.

Une cellule d'urgence médico-psychologique a rapidement été ouverte à Strasbourg. Le tireur est toujours activement recherché par les forces de l’ordre qui ont bouclé la ville et les frontières. Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur n’exclue pas que l’assaillait ait quitté le territoire français.

Ambre Lepoivre