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Sondage: 55% des Français ont peur de tomber dans la pauvreté

Une personne sans-abri dans la rue à Paris, aux abords du palais du Louvre.

Une personne sans-abri dans la rue à Paris, aux abords du palais du Louvre. - Eric FEFERBERG / AFP

Plus d'un Français sur deux craint aujourd'hui de tomber dans la pauvreté, d'après un sondage Ifop pour Atlantico. Ces craintes varient beaucoup en fonction de l'âge, du niveau d'études, du lieu de résidence et de la confiance dans l'action menée par Emmanuel Macron.

La peur de tomber dans la pauvreté est un sentiment majoritaire chez les Français, et un sentiment qui progresse. Il doit toutefois être fortement nuancé en fonction des catégories socioprofessionnelles, de l'âge, du lieu de résidence et de l'orientation politique, selon un sondage Ifop pour le site Atlantico publié ce lundi.

Premier enseignement: 55% des Français redoutent encore plus que par le passé de tomber sous le seuil de pauvreté. Le site veut voir dans cette insécurité croissante un "effet Macron", alors que l'exécutif a repoussé l'annonce d'un plan de lutte contre la pauvreté et qu'il doit s'exprimer ce lundi après-midi devant le Parlement réuni en Congrès.

Selon l'enquête, les sympathisants LaREM sont nettement moins inquiets, seuls 28% d'entre eux le sont, que ceux se déclarant proches du Rassemblement national (69%) ou de La France insoumise (68%). Le MoDem est équidistant de cette tendance avec 48% de soucieux de leur avenir.

Cette crainte n'est cependant pas homogène dans le tissu social. Elle varie déjà selon l'âge. Ainsi, seuls 37% des retraités s'alarment d'un possible basculement dans une forme de dénuement. En revanche, cette peur est plus prégnante chez les 35-49 ans, dont 63% se disent préoccupés par cette question. Et 58% pour les moins de 35 ans.

Six actifs sur dix plus inquiets qu'auparavant

Selon Christophe Boutin, politologue cité par Atlantico, "ce sont donc les retraités, avec leur score particulièrement bas, qui amènent ce résultat de 55% pour l’ensemble des Français, alors que les Français qui travaillent seraient plus proches d’une moyenne de 60%". Et logiquement, cette proportion atteint 82% chez les chômeurs.

Le niveau d'étude est un autre facteur différenciant. Les titulaires d'un bac +5 ou plus ne regroupent que 35% d'inquiets, contre plus de 50% en dessous d'un bac +3. Ceux qui habitent en région parisienne sont en moyenne moins sensibles à ce thème, avec seulement 44% de personnes s'interrogeant sur leur avenir. 

Faut-il y voir dans la diversité de ces inquiétudes plus ou moins marquées le reflet d'une séparation entre les "gagnants et les perdants de la mondialisation"? C'est du moins l'explication avancée par Jérôme Fourquet, directeur du Département opinion et stratégies d'entreprises de l'Ifop. Ainsi selon lui, les urbains au niveau d'éducation le plus haut sont plus aptes à profiter des opportunités offertes par la vision de la "start-up nation" portée par Macron. Une constatation en adéquation avec la sociologie de l'électorat d'Emmanuel Macron telle qu'analysée au lendemain du 1er tour de la présidentielle de 2017 par Ifop. Le candidat En marche avait ainsi séduit un cadre sur trois et obtenu davantage de suffrages chez les plus aisés (25% chez les électeurs dont le revenu mensuel du foyer est compris entre 2000 et 3000 euros, 32% chez ceux dont le revenu mensuel du foyer est supérieur à 3000 euros).

David Namias