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Scandale de l’amiante: à Dunkerque, une association de victimes mobilisée dans l’attente d’un procès

Les chantiers navals de Dunkerque

Les chantiers navals de Dunkerque - BFMTV

Pierre Pluta, contaminé par l’amiante sur les chantiers navals de Dunkerque, est à la tête de l’Andeva, une association qui sert de soutien aux victimes et lutte pour que le dossier judiciaire avance.

La stèle est placée devant l’ancien chantier naval, à Dunkerque, dans le Nord. "Nous avons travaillé pour gagner notre vie, pas pour la perdre. Ayons une pensée pour toutes les victimes de l’amiante", peut-on y lire. Pierre Pluta se recueille régulièrement devant ce monument, pour se rappeler ses collègues victimes. Pendant 25 ans, lui aussi a travaillé sur le chantier et s’est fait contaminer.

Pierre est aujourd’hui à la tête de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva). Il lutte pour que l’État et les hauts patronats reconnaissent leur implication dans cette crise, mais aussi pour que les erreurs ne se reproduisent pas avec d’autres matières:

"On n’a tiré aucune leçon du scandale de l’amiante. Il ne faut plus que ça se reproduise avec d’autres choses", déplore-t-il, prenant l’exemple du glyphosate: "On nous dit 'le glyphosate on sait que c’est dangereux mais on ne peut pas le supprimer immédiatement'. Exactement ce qu’on a fait pour l’amiante, le même scénario se met en place. "

Et d’interpeller le président de la République: "Monsieur Macron disait qu’il va devoir rendre des comptes. Oui: nos enfants lui demanderont des comptes. Et ça, je veux qu’il l’entende aujourd’hui."

Le soutien des "veuves de l'amiante"

Aujourd’hui, l’association de Pierre Pluta compte plus de 700 adhérents. Pour la plupart, ce sont des veuves, appelées les "veuves de l’amiante". Ensemble, elles se soutiennent dans l’attente d’un procès pénal qui tarde à arriver.

"L’association est d’une importance primordiale pour le soutien", témoigne Marjorie Le Veziel, elle-même membre. "Grâce à ça, ils ont fait un travail énorme pour soutenir tous ces gens (…) C’est toujours remis, remis, on se demande quand ça va se terminer."

Un long combat

Le dossier judiciaire de l’amiante est vieux de plusieurs années. La Cour de cassation devait se prononcer courant juin sur la responsabilité de neuf industriels dans le scandale de l’amiante à Dunkerque, comme le relate France 3. À cause d’un vice de procédure, l’audience a été reportée au 18 septembre. 

Il en va de même pour l'affaire de la tour Tripode de Nantes. Mardi, le tribunal administratif de Nantes a jugé prescrits et rejeté les recours de 14 anciens agents, qui demandaient 30.000 euros d'indemnités, en réparation du "préjudice d'anxiété" lié à leur exposition aux poussières d'amiante, rapporte l'AFP. Selon une étude, dix personnes meurent chaque jour en France des dégâts de l’amiante.

B.P.