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Sables d'Olonne: la justice ordonne que la statue de Saint-Michel soit déboulonnée, malgré le refus du maire

Le tribunal administratif de Nantes a ordonné à la ville des Sables d'Olonne de déboulonner cette statue, jugée contraire à la loi de 1905 sur la laïcité.

Représenter dans l'espace public l'archange Saint-Michel terrassant le dragon, allégorie du mal, c'est non. C'est ce qu'a décidé le tribunal administratif de Nantes le 16 décembre, alors qu'il devait trancher sur le maintien ou non de la statue de l'archange trônant sur le parvis de l'église Saint-Michel aux Sables d'Olonne (Vendée). La ville va donc devoir déboulonner la statue du saint dans les six prochains mois. Une décision à laquelle le maire de la commune a immédiatement fait appel.

Loi de 1905

La motivation derrière ce jugement? La loi de 1905, dite de séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui interdit "d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur l'espace public", "à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions".

Installée en octobre 2018, la statue fait partie du "patrimoine locale", défendait la mairie. Mais pour le tribunal, sa bénédiction par un prêtre le jour de son inauguration ne laissait guère de doute quant à son "rattachement à l'iconographie chrétienne", comme l'avance Ouest-France.

"Respecter les convictions"

Le maire de la commune, Yannick Moreau, a demandé un sursis d'exécution, afin de ne pas avoir à déboulonner la statue dans les six mois, dans l'attente du jugement en appel.

"La France est un pays de tradition chrétienne, je sais que ça embête certaines personnes mais c'est une réalité. Et en fait, en voulant déboulonner la statue Saint Michel, on veut déboulonner notre héritage, notre culture", a déclaré le maire au micro de BFMTV.

Dans un communiqué, la Fédération de Vendée de la Libre-Pensée, entendant défendre la loi de 1905 et à l'origine de la plainte, s'est félicitée du jugement.

"Il confirme qu'il faut respecter les convictions de toutes les citoyennes et de tous les citoyens, et non satisfaire quelques-uns. Il est inacceptable que des élus confondent encore commune et paroisse", écrit-elle.

"Touche pas à ma statue"

Dans la commune vendéenne, les avis concernant la décision sont plus que mitigés.

"Moi je trouve ça complètement ridicule. Il y a d'autres choses plus graves à s'occuper, déjà et d'une. Ensuite, je ne vois pas du tout en quoi ça gêne, je ne savais même pas qu'elle était là. Donc on passe, et si on n'est pas d'accord, on ne la regarde pas", a fustigé au micro de BFMTV une habitante.

Et une manifestation a été organisée ce samedi devant la statue de l'archange, rassemblant une cinquantaine de personnes. Une association a même été créée, se dénommant "Touche pas à ma statue".

Jules Fresard