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Réouverture de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray: musulmans et catholiques unis dans le deuil

Quatre jours après l'assassinat du père Hamel le 26 juillet dernier en son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, des musulmans s'étaient joints à une veillée organisée en mémoire du défunt aux côtés des catholiques. Ils étaient à nouveau plusieurs dizaines à assister, ce dimanche, à la réouverture de l'église ce dimanche.

Il y a deux mois, un matin du 26 juillet dernier, le père Jacques Hamel était assassiné dans son église située à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-maritime). Après être restée close pendant 68 jours, la paroisse a rouvert ses portes ce dimanche à l'occasion d'une cérémonie dirigée par l'archevêque de Rouen, monseigneur Lebrun. Et dans cette cité ouvrière de 27.000 habitants, où la cohabitation entre les différents cultes a toujours été harmonieuse, certains musulmans n'ont pas voulu manquer ce rendez-vous et ont tenu à y assister aux côtés des catholiques.

La "prière personnelle" des musulmans

L'appel lancé à la prière du vendredi par l'imam de la mosquée de la ville enjoignant ses fidèles à se joindre à cette procession en hommage au père Hamel a toutefois été moins suivi qu'escompté. Ce dimanche, ils étaient quelques dizaines à être venus assister à la cérémonie. Ils ont pris place parmi les fidèles qui ont suivi dehors la messe, retransmise sur un écran géant devant l'église. A l'intérieur de l'édifice lui-même, les dignitaires de l'islam s'étaient assis sur les premiers bancs. 

"On est tous là, on est contre tout ce qui se passe, ça nous touche aussi beaucoup. Dès qu'il y a quelque chose, c'est nous qui sommes visés les premiers", déplore Aïssa Habbani, le trésorier de la mosquée. 

"Je suis infirmier psychiatrique et je viens ici. je vais faire ma deuxième prière de la journée près de l'église", explique un sexagénaire d'origine sénégalaise, musulman lui aussi, avant d'ajouter "ce sera une prière personnelle, car nous n'avons pas la même religion. Mais j'espère que Dieu va accueillir le père Hamel dans son paradis. Nous croyons tous à la vie éternelle".

L'athée au fond de l'église

Comme dans le poème d'Aragon, il y a ceux qui croient en Dieu et ceux qui n'y croient pas. Mais le maire de la ville Hubert Wulfranc, qu'on a connu très ému au moment du drame a beau être communiste et athée, il s'est aussi rendu à l'église à l'église, choisissant simplement de se placer "au fond". Cette cérémonie "est une nouvelle étape de la cicatrisation, de la convalescence", dit-il, évoquant devant la presse la nécessité de "rester debout".

R.V avec AFP