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Place des femmes dans l'Eglise: un collectif catholique et féministe demande une commission

Des membres de "Toutes apôtres!" immortalisées ce jeudi.

Des membres de "Toutes apôtres!" immortalisées ce jeudi. - François Guillot

Remettant ce jeudi une lettre à la Conférence des évêques de France, le collectif féministe "Toutes apôtres!" a officiellement demander la création d'une commission indépendante visant à établir un "diagnostic partagé" sur la place des femmes dans l'Eglise et les pistes pour l'améliorer.

Pour améliorer la situation des femmes dans l'Eglise catholique, le collectif féministe "Toutes Apôtres !" a demandé jeudi la création d'une commission indépendante, dans une lettre remise à la Conférence des évêques de France. "Nous souhaitons voir s'ouvrir un espace d'enquête et de propositions", expliquent les membres de "Toutes Apôtres !", qui soulignent dans leur lettre les différences d'accès à des postes de responsabilité et les inégalités salariales.

Ce collectif est notamment composé de sept femmes qui avaient déposé leurs candidatures l'an dernier pour accéder à des fonctions qui leur sont interdites dans la tradition catholique romaine. C'est le cas de Sylvaine Landrivon, 65 ans, qui aspire à devenir évêque.

Pouvoir poser un "diagnostic partagé"

"L'Eglise catholique, sans les femmes elle tombe", affirme-t-elle, en appelant à la création d'une commission indépendante pour "faire un état des lieux" de la situation des femmes au sein de l'Eglise. Cette docteur en théologie dénonce une "espèce d'omerta" et insiste sur la nécessité de donner la parole aux femmes pour briser le silence.

Même argument pour Loan Rocher, une femme transgenre qui a posé sa candidature pour être ordonnée diacre. "Et si on écoutait les femmes ?", plaide-t-elle en résumant son combat en trois mots : "Egalité, parité, équité." L'objectif de la commission demandée par "Toutes Apôtres !" est de "documenter une réalité" qui échappe aujourd'hui à la connaissance de l'Eglise pour pouvoir poser un "diagnostic partagé", selon le communiqué de l'association.

Des résonances interreligieuses

Le projet veut s'inspirer de la Ciase, la Commission indépendante qui enquête sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l'Eglise. Une instance qui a lancé un appel à témoignages en juin 2019 et qui doit rendre public son rapport fin septembre. Mercredi soir, le collectif a organisé une soirée de prière interreligieuse pour "l'égalité des femmes et des personnes discriminées" au sein des différentes religions, à l'église Notre-Dame d'Espérance, à Paris (XIe).

Plusieurs représentantes des confessions catholique, juive, protestante, bouddhiste et musulmane étaient présentes, comme Iris Ferreira, la première femme rabbin ordonnée en France le 4 juillet 2021. Venue pour soutenir les membres de "Toutes Apôtres !" dans leur démarche, Iris Ferreira se bat pour "une plus grande représentativité des femmes et des minorités dans l'ensemble des religions".

R.V. avec AFP