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JMJ: des parents d'homosexuels demandent au Pape d'agir contre l'homophobie

Le pape François, en février 2016

Le pape François, en février 2016 - FILIPPO MONTEFORTE / AFP

Profitant de la visite du Pape François aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie, en Pologne, les parents de seize jeunes homosexuels ont demandé au souverain pontife d'agir contre l'homophobie dans leur pays, à majorité catholique.

"Qui sommes-nous pour juger?" interrogeait le Pape il y a quelques semaines, à propos des homosexuels. Inspirés par cette phrase du souverain pontife, les parents de seize jeunes homosexuels l'ont interpellé, lors de sa visite aux Journées Mondiales de la Jeunesse, organisées à Cracovie, pour lui demander d'agir contre la "vague d'homophobie" qui touche actuellement la Pologne.

Dans une lettre ouverte, ils dénoncent une récente série "d'attaques contre les locaux d'organisations travaillant avec les homosexuels, de destructions par le feu de symboles LGBT et de violences physiques contre les non-hétérosexuels".

"Au lieu de manifester de la compassion pour les familles, la société est submergée par une vague d'homophobie", s'insurgent les auteurs de la lettre.

"Pourquoi autant d'homophobie parmi les catholiques?"

Les parents, restés anonymes par crainte de représailles, décrivent en particulier dans leur lettre l'homophobie quotidienne à laquelle font face leurs enfants. 

"Nos enfants sont confrontés à des manifestations de haine, des attaques verbales et même des violences physiques, pour la seule raison d'avoir été créés ainsi par Dieu", écrivent-ils. "Pourquoi les prêtres ne rappellent-ils pas dans leurs sermons que les personnes LGBT sont aussi des enfants de Dieu et que Dieu seul peut les juger? Pourquoi y a-t-il autant d'homophobie parmi les catholiques polonais?", interrogent-ils. 

Changement de ton et de vocabulaire

A Cracovie, un "Foyer pour pèlerins LGBT" a été créé. Des militants ayant participé à sa fondation ont été reçus par le cardinal archévêque Stanislaw Dziwisz, mais leur initiative n'a pas figuré au programme des JMJ. "On n'en est pas encore à un point où l'Eglise catholique en Pologne serait d'accord" pour reconnaître officiellement des groupes LGBT", explique un militant, qui se dit reconnaissant envers le pape, d'avoir "changé de ton et de vocabulaire" à l'égard des homosexuels.

La dernière fois qu'il a cité sa phrase devenue culte, après la tuerie dans une boîte gay d'Orlando, aux Etats-Unis, le pape a aussi affirmé que les chrétiens devaient savoir présenter des excuses et demander pardon, aux homosexuels comme à beaucoup d'autres.

Deux jours plus tard, il estimait que l'union des personnes de même sexe était un "modèle de vie anormal". Malgré la portée symbolique de ses propos, le pape François n'a pas poussé non plus l'ouverture jusqu'à évoquer les couples homosexuels dans les nouvelles directives pour la famille, en avril dernier.

C.V. avec AFP