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Quels fruits et légumes vendus en France sont les plus touchés par les pesticides?

Fruits et légumes

Fruits et légumes - Pixabay

Cerises, carottes, champignons, abricots ou encore prunes... 18 fruits et 32 légumes vendus en France sont concernés par cette étude.

Au moins 71,9% des fruits testés et 41,3% des légumes non bios contiennent des résidus de pesticides, souligne un rapport de Générations Futures publié mercredi. Cette association de défense de l’environnement - agréée par le ministère de l’Écologie -, a fait plus de 13.000 analyses sur 18 fruits et 32 légumes consommés en France, pour mesurer leur taux de pesticides.

Générations Futures s'est appuyé sur des données de la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence) pour proposer une étude sur six années (2012 à 2017) des pesticides présents dans nos fruits et légumes non bios. "Nous n’avons retenu que les fruits et légumes analysés dans au moins 5 de ces 6 derniers plans de surveillance", explique le rapport.

Quels taux de pesticides sont mesurés?

Deux taux de pesticides ont été mesurés, et apparaissent sur deux colonnes différentes dans l'étude. Premièrement le pourcentage d'échantillons avec résidus de pesticides (71,9% pour les fruits, 43,3% pour les légumes). L'association précise que les mesures de la DGCCRF utilisées pour ce calcul concernent les résidus de pesticides supérieurs au seuil de quantification minimal (LQ). "Les résidus détectés mais non quantifiables ne sont pas pris en compte".

Le seuil de quantification minimal "est compris entre 0,01 mg/kg et 0,05 mg/kg. Une concentration de 0,01 mg/kg est à peu près équivalente à cinq cuillères à café de sucre diluées dans une piscine de taille olympique", explique le site de l'Autorité européenne de surveillance de la nourriture.

Le second calcul concerne le pourcentage d’échantillons avec des résidus de pesticides supérieurs à la Limite Maximale en Résidus (LMR). Soit avec un taux de pesticides dépassant les seuils mis en place par l'Union européenne. 2,9% des fruits sont concernés, et 3,4% des légumes.

Cerises, clémentines et mandarines les plus touchées

En tête de peloton côté fruits, on retrouve la cerise, avec en moyenne 89% des échantillons testés contenant des résidus de pesticides mesurés de 2012 à 2017. Ce sont les clémentines et mandarines (88,1%) qui prennent la deuxième place, suivies du raisin (87,3%), des pamplemousses et pomelos (86,3%) et des pêches et nectarines ( 83%).

Concernant les fruits dépassant les LMR, l'ananas arrive de loin en première position (9,6%), suivi encore une fois de la cerise (5,2%), du kiwi (4,2%) à égalité avec les pamplemousses et pomelos, puis les clémentines et mandarines (3,9%).

En queue de classement, l'avocat, la banane ou encore les prunes. Le kiwi, également, concernant uniquement les résidus de pesticides, et les pêches/nectarines, pour le dépassement LMR.

Le céleri et les herbes fraîches dans le top 3

Parmi les légumes, globalement moins touchés que les fruits en terme de pesticides, certains donnent des résultats particulièrement élevés. Ainsi 84,9% des céleris en branches testés contiennent des résidus de pesticides, 15,7% dépassent les LMR. Pour les céleris raves, ces taux s'établissent à 82,5% et 10,8%. Quant aux herbes fraîches, 69,3% et le chiffre record de 21,5% (LMR).

Le maïs, les betteraves, choux-fleurs, potirons ou encore brocolis font partie des moins touchés que ce soit sur le taux de résidus de pesticides ou de dépassement LMR.

"La transparence totale sur les pesticides"

Face à ces résultats, Générations Futures réclame "la transparence totale sur les pesticides utilisés dans la culture et le stockage des fruits, légumes et céréales par un affichage complet".

Dernièrement, le Tribunal de l'Union Européenne a restreint l'utilisation de trois néonicotinoïdes - clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride - des insecticides considérés comme nocifs pour les abeilles, en Europe.

"Mon objectif c'est de sortir de la totale dépendance aux pesticides" avait déclaré le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation sur BFMTV. "Nous allons sortir du glyphosate en trois ans, au premier janvier 2021, et surtout en 2025, [il y aura] moins 50% de pesticides".
Salomé Vincendon