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Privés de leurs petits-enfants, les grands-parents espèrent la levée de la limite des 100 km

La restriction des déplacements dans un rayon de 100 km empêche souvent les grands-parents de retrouver enfin leurs petits-enfants. Ils espèrent que les annonces jeudi d’Edouard Philippe mèneront à un allègement de cette contrainte.

"Balayons cette peur qui nous confine dans des placards." Coupés de leurs petits-enfants depuis l’arrivée du Covid-19 en France, les grands-parents font part d'une frustration du plus en plus difficile à supporter. Armelle Le Bigot Macaux, présidente de l'École des grands-parents européens, s’en fait la porte-parole et appelle à laisser les retrouvailles se faire sans crainte.

"Les gestes barrières on les connaît, la distance de sécurité on est capable de la mettre en place. On est capable de prendre nos responsabilités et de venir s’occuper de nos petits-enfants", clame-t-elle sur BFMTV.

"On est bloqués"

Les aïeux attendent avec impatience la présentation, ce jeudi, de la deuxième étape du déconfinement et espèrent vivement que le gouvernement décidera de lever la limite des 100 km. "On est bloqués à cause de cette histoire", déplore sur notre antenne Patrick Dury, qui n’a pas vu ses petits-enfant "depuis les dernières vacances scolaires". 

A Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, Isabelle Castelain regrette elle aussi de ne pas pouvoir confier de temps en temps ses deux filles à ses parents installés en Touraine. "Ils ont un rôle de transmission qui est vraiment important, ils peuvent prendre le temps de faire des choses avec les enfants que nous n’avons pas le temps de faire en tant que parents", soupire-t-elle. 

"Les grands-parents représentent 650.000 emplois de garde à temps plein", assure au Parisien Régine Florin, membre de l'École des grands-parents européens. "On veut permettre à l'économie de se relancer ou non? Si oui, nos enfants doivent pouvoir travailler sereinement, en nous confiant la garde de nos petits-enfants", ajoute cette jeune retraitée parisienne de 66 ans qui ne peut pas voir ses petits-enfants domiciliés à Angoulême, en Charente.

Déplacement "autorisé pour garde d'enfants"

Décidée à mettre un terme à cette source de crispation, l'association a adressé une lettre au gouvernement réclamant la reconnaissance sur les attestations de déplacement du motif "garde des petits-enfants" comme motif familial et impérieux. L’organisme demande également de lever la limite des 100 km pour permettre aux grands-parents d’accueillir leurs petits-enfants en vacances chez eux.

Cela étant, le ministère de l'Intérieur rappelle au Parisien que "le déplacement de plus de 100 km est autorisé pour garde d'enfants". Par conséquent, les aïeux ont bien la possibilité de babysitter leurs petits-enfants même si ceux-ci résident à plus de 100 km de chez eux. Pour ce faire, ils doivent se munir d'une attestation et cocher la case "Déplacements pour motif familial impérieux, pour l'assistance des personnes vulnérables, pour le répit et l'accompagnement des personnes handicapées et pour la garde d'enfants". 

La contrainte kilométrique devrait de toute façon être bientôt allégée, le secrétaire d'Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a déjà indiqué que ce cercle de 100 km "pourra augmenter de façon concentrique".

Le ministère de l'Intérieur insiste toutefois sur le fait que "les personnes âgées sont particulièrement exposées au virus et qu’il est indispensable de les préserver face au virus en limitant les contacts au maximum".
Ambre Lepoivre