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Plus de 4 millions d'euros lors d'une vente aux enchères pour un chef d'œuvre de l'enluminure

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Jeff Pachoud-AFP

Un livre d'heures manuscrit de 1495 a été adjugé ce samedi aux enchères à Paris 4,290 millions d'euros, a annoncé l'hôtel des ventes Drouot. Ce manuscrit latin enluminé sur parchemin, baptisé "livre d'heures Petau" et doté de 16 médaillons en camaïeu d'or attribués à l'artiste Jean Poyer (actif entre 1490-1520), était estimé entre 700.000 et 900.000 euros.

Ce "chef d'œuvre de l'enluminure tourangelle" témoignant, selon Drouot, d'une "maîtrise extraordinaire et prouesse de mise en page", faisait partie du fonds Aristophil, soupçonné d'être au cœur d'une escroquerie aux lettres et manuscrits et dont les pièces sont peu à peu dispersées.

Un commanditaire membre du cercle royal

Il était présenté à la vente par la maison Aguttes. La cession de 44 lots "écrits du Moyen-Age et de la Renaissance" a totalisé plus de 10 millions d'euros. "La préemption de la Charte impériale de l'abbaye de Corbie par les Archives de la Somme illustre l'importance patrimoniale et la qualité des manuscrits rassemblés dans cette vente, qui restera l'une des plus émouvantes de ma carrière", a déclaré le commissaire-priseur Claude Aguttes, dans un communiqué.

Le livre d'heures Petau a été peint à Tours par Jean Poyer pour un commanditaire non identifié, probablement membre du cercle royal, grand serviteur ou dignitaire religieux. Jean Poyer comptait notamment parmi ses commanditaires Anne de Bretagne et ses deux époux royaux (Charles VIII et Louis XII).

Il a appartenu au baron James de Rothschild

Ces Heures ont pris le nom des Petau, leur premier propriétaire connu, grands collectionneurs de livres et archives (aux 16e et 17e siècles). D'après le libraire américain Kraus, le présent manuscrit semble avoir appartenu au 18e siècle à la famille Van Vooght de Bruges dont l'ex-libris gravé fut apposé sur un feuillet. Puis au baron James de Rothschild (1792-1868), qui fit relier le manuscrit à ses armes.

Seconde enchère millionnaire de cette vente, les Grandes Heures du duc de Milan Galeazzo Maria Sforza, datant d'environ 1471-1476, ont atteint 2.210.000 euros, contre une estimation initiale de 600.000 à 800.000 euros. Autre cession remarquable, celle d'un manuscrit enluminé sur parchemin de textes de Petrarque, réalisé en Italie vers 1470, adjugé samedi 598.000 euro, soit le double de son estimation.

C.H.A. avec AFP