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Mode islamique: des femmes voilées répondent à Laurence Rossignol

Une pétition demande la démission de la ministre.

Une pétition demande la démission de la ministre. - Capture - BFMTV

La ministre du Droit des femmes, Laurence Rossignol, a fustigé mercredi les marques vendant des vêtements islamiques estimant qu'elles étaient "irresponsables" et faisaient "d'un certain point de vue la promotion de l'enfermement du corps des femmes". Les femmes qui portent le voile lui ont répondu.

Porter le voile se fait-il "sous la pression"? C'est le débat qu'a rouvert Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes, au micro de BFMTV. En déclarant que les femmes pourraient porter le voile "sous la pression des marques" et en les comparant à "des nègres américains qui étaient pour l'esclavage", la ministre a suscité un double scandale:

"Il y a des femmes qui choisissent, il y avait aussi des nègres afric… des nègres américains qui étaient pour l’esclavage. […] Je crois que ces femmes sont pour beaucoup d’entre elles des militantes de l’islam politique. Je les aborde comme des militantes, c’est-à-dire que je les affronte sur le plan des idées et je dénonce le projet de société qu’elles portent. Je crois qu’il peut y avoir des femmes qui portent un foulard par foi et qu’il y a des femmes qui veulent l’imposer à tout le monde parce qu’elles en font une règle publique."

Les femmes voilées lui répondent 

Sur les réseaux sociaux, les propos de Laurence Rossignol ont immédiatement provoqué un tollé, que ce soit sur le fond, ou sur la forme. Alors que sur l'emploi du mot "nègre", la ministre a tenté de se justifier, sur le fond, Laurence Rossignol n'a rien retiré à ses propos. Et s'est attirée les réponses de nombreuses femmes voilées, estimant qu'il n'appartenait pas à la ministre de décider si oui ou non, elles portaient le voile en toute liberté.

Une pétition pour la démission de la ministre

Rapidement, de nombreux internautes ont lancé le hashtag "#RossignolDemission" pour demander le départ de la ministre, qui a réagi dans la journée, sans rien enlever au fond de son propos. Une pétition lancée en ligne a déjà recueilli plus de 15.000 signatures. 

Ce n'est pas la première fois qu'un membre du gouvernement est accusé de racisme. Manuel Valls, alors maire d'Evry, avait provoqué en 2009 un scandale en demandant "plus de white, plus de blancos" sur le marché de sa ville, devant une caméra. 

Paul Aveline