BFMTV

Ménard débaptise une rue à Béziers: Valls fustige "la nostalgie de l'Algérie française"

Le maire de Béziers, Robert Ménard, affilié au FN, a décidé de changer le nom de la "rue du 19 mars" 1962, date qui fait référence à la fin de la guerre d'Algérie. Une décision qui ravit les nostalgiques de l'Algérie française mais qui provoque un mécontentement chez les riverains.

Sous les acclamations de partisans de l'Algérie française et les huées de ses opposants, le maire de Béziers Robert Ménard, proche du FN, a officiellement donné samedi à une rue le nom d'Hélie Denoix de Saint-Marc, un militaire, résistant, qui avait pris part au putsch des généraux.

Cette rue portait, depuis 36 ans, le nom de "19 mars 1962", en référence à la fin de la guerre d'Algérie. Une commémoration qui n'était pas du goût de la municipalité qui a décidé de lui donner le nom d'un putschiste ayant participé au putsch des généraux en 1961 et donc partisan de l'Algérie française. Validée en conseil municipal le 11 décembre dernier, cette décision du maire était l'une de ses promesses de campagne.

"Je ne veux plus que nous soyons dans la repentance"

En juillet, dernier, Robert Ménard avait déjà crée la polémique en s'inclinant devant une stèle de l'OAS, l'organisation de l'armée secrète qui s'est battue pour conserver l'Algérie française. Mais l'édile, lui-même pied-noir, se défend de toute nostalgie. "Le plus grand nombre de Français d'Algérie, de Harkis, a été tué après cette date-là", a assuré le maire de Béziers, interrogé par BFMTV. 

Au cours de la cérémonie pour rebaptiser cette rue, qui a rassemblé ente 2.000 et 2.500 personnes, Robert Ménard s'est dit ne plus vouloir être "dans la repentance". "L'Algérie, c'est notre paradis (...). Demandez à nos compatriotes ce que furent les jours après le 19 mars", a-t-il lancé sous les huées de 500 opposants. Poursuivant sous les acclamations de partisans scandant "Algérie française": "Je veux dire notre vérité à ceux qui armaient le bras des assassins des harkis, aux bourreaux qui nourrissent encore une haine de la France."

"Ca choque"

Soutenue par sa majorité, la décision de Robert Ménard est loin de faire l'unanimité dans les rues de la ville. Alors qu'une pétition, recueillant déjà plus de 3.000 signatures, a été lancée pour conserver le nom du "19 mars 1962", un recours auprès du tribunal administratif a également été déposé.

Des riverains, soutenus par le Parti communiste local, ont d'ailleurs réinstallé, lundi, une plaque provisoire sur un poteau électrique de la rue. "Pour lui paix = honte, voilà le maire qu'on a", a dénoncé auprès de BFMTV une habitante de la rue du 19 mars. "Ca choque parce que jusqu'à présent à Béziers tout était calme", a noté un autre riverain.

"Le FN n'aime pas la France"

La polémique a aussi envahi la classe politique. En déplacement en Bretagne, le Premier ministre, auteur d'une campagne assassine contre le Front national, a déploré l'initiative de Robert Ménard.

"La nostalgie, et notamment la nostalgie de l'Algérie française, n'apportera rien de bon. Aujourd'hui, on a besoin de regarder l'avenir avec de l'optimisme et le Front national n'aime pas la France", a déclaré Manuel Valls.

Sur son compte Twitter, le porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a quant à lui estimé qu'"avec Denoix de Saint Marc, Ménard et FN montrent leur visage: réécrire l'Histoire, mépriser la mémoire et s'en prendre à la République".

J.C. et V.R. avec Anais Crouts