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"Pas en notre nom": un rassemblement de soutien aux migrants prévu samedi à Paris

Plus de 9.000 personnes ont répondu présent sur l'événement Facebook du rassemblement, deux jours avant le rendez-vous.

Plus de 9.000 personnes ont répondu présent sur l'événement Facebook du rassemblement, deux jours avant le rendez-vous. - Capture d'écran Facebook - montage BFMTV.com

Un rassemblement de soutien aux migrants et aux réfugiés se tiendra samedi après-midi à Paris, à l'initiative du collectif "Pas en notre nom". Objectif: "marquer l'indignation" face aux récents drames de l'immigration vers l'Europe.

Deux jours avant l'événement, ils sont déjà plus de 10.000 à avoir répondu présent, sur Facebook. Et le chiffre gonfle d'heure en heure. Un rassemblement citoyen en "solidarité avec les migrants" est prévu samedi à 17 heures, place de la République, à Paris. Intitulé "Pas en notre nom", l'événement vise à "montrer la solidarité et marquer l'indignation", face aux drames de l'immigration qui se multiplient aux portes de l'Europe. 

"Rassemblement indépendant"

"C'est un rassemblement indépendant, d'individus de sensibilités différentes réunis autour d'un objectif: la mobilisation de samedi. Il n'y a vraiment aucun parti politique, aucun syndicat derrière cet événement", assure à BFMTV.com l'une des co-organisatrice de l'événement, lancé par le collectif Pas en notre nom.

"Pour demander l'accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants. Pour dire que l'Europe ne peut se hérisser de murs et transformer ses mers en charniers. Pour affirmer que de pareilles politiques répressives menant à tant de drames humains ne sauraient être menées en notre nom. (...) Descendons dans la rue samedi", peut-on ainsi lire sur la page Facebook de l'événement, qui affirme par ailleurs qu'il "n'y a pas de paternité revendiquée à ce mouvement". 

Derrière ce collectif, créé pour l'occasion, se trouvent "cinq personnes qui ne se connaissaient pas nécessairement, qui se sont retrouvées sur les réseaux sociaux, et qui ont eu ensemble l'initiative d'organiser un rassemblement. On a créé une page sur Facebook et des milliers de personnes nous ont rejoint", résume-t-elle. Contactée par BFMTV.com, la préfecture de police de Paris confirme que le rassemblement a bien été déclaré et autorisé.

Succès fulgurant

Les organisateurs s'attendaient-ils à un tel succès en lançant le mouvement sur Facebook? Pour la co-organisatrice du rassemblement, le nombre de participants affiché sur la page peut s'expliquer par le fait que rien de tel n'avait encore été lancé en France.

"On est tellement choqués par cette question des migrants, on veut faire quelque chose, mais rien n'a été fait jusqu'à présent. Il y avait une sorte d'espace vide. Et aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, il suffit de s'associer, d'unir les forces, même si l'on est pas d'accord sur tout, et quelles que soient nos opinions, nos croyances", souligne-t-elle. Et d'ajouter: "Nous sommes plongés dans des événements tragiques tous les jours, les images qui nous sont parvenues hier le confirment. C'est insupportable. On demande très simplement de la dignité pour tous, même si c'est un problème complexe et on en a tout à fait conscience".

"Opération de communication"

De son côté, le collectif de soutien La Chapelle en Lutte, qui oeuvre pour aider les réfugiés à Paris, ne souhaite pas être associé à l'événement, et dénonce dans un billet publié ce jeudi sur le site Paris-Luttes une "opération de communication".

"Il s’agit d’un coup de force, et d’une récupération des luttes actuelles des migrants (qui reposent sur l’union des réfugiés et des sans-papiers), un événement poétique et politique inédit. L’opération s’appuie sur la reprise du slogan, 'pas en notre nom" né lors des manifestations du 11 janvier", écrivent ainsi des membres du comité La Chapelle, estimant que cette "récupération" menace le mouvement.

"Ce n'est pas le moment de se mener des gué-guerres les uns contre les autres, quand on est des citoyens qui veulent au contraire attirer l'attention sur le travail de terrain", réagit le collectif Pas en notre nom, pour qui ces accusations sont "fantasmées".